Une compensation en échange d’un renoncement à la voiture. Le gouvernement de l’île de Malte a lancé début janvier une opération pour encourager un millier de jeunes conducteurs âgés de 18 à 30 ans à renoncer à leur permis de conduire pendant 5 ans en échange de 25 000 euros, rapporte le Times of Malta. Le but est de réduire le nombre de véhicules sur les routes maltaises, avait expliqué en avril 2025 le ministre des Transports Chris Bonett en annonçant la mesure.
Les demandes ont été ouvertes le 6 janvier dans le petit État de l’Union européenne qui abrite 560 000 habitants. Au total, le gouvernement affirme avoir budgétisé 25 millions d’euros pour la mise en œuvre de cette mesure, soit de quoi financer 1 000 renoncements au permis.
Un retrait total du document, qui vaut même à l’étranger
Les personnes éligibles doivent vivre sur le sol maltais depuis au moins 7 ans et détenir un permis de conduire catégorie B délivré par un pays de l’Union européenne depuis au moins 12 mois. En échange, ils recevront 5 000 euros chaque année pendant 5 ans, jusqu’à l’expiration de la mesure.
Afin d’éviter tout abus, le dispositif maltais prévoit l’exclusion de tous les officiels disposant d’un chauffeur dans le cadre de leurs fonctions (ainsi que leurs conjoints), les hauts fonctionnaires et diplomates, et les travailleurs dont le métier exige d’avoir un permis de conduire valide.
Cette mesure prévoit le retrait du permis pendant 5 ans : cela signifie que même à l’étranger, la personne ne disposera plus du droit de conduire, elle n’aura plus de document permettant de prouver qu’elle est en capacité de conduire. Si un bénéficiaire est contrôlé au volant, il s’exposera à une amende de 5 000 euros en remboursement des sommes perçues, à laquelle s’ajouteront les sanctions pécuniaires et judiciaires pour conduite sans permis.
Un permis à repasser et un nombre d’intéressés inconnu
À l’issue des 5 ans, le permis ne leur reviendra pas de droit : ils devront repasser l’examen après un minimum de 15 heures de conduite dans une auto-école. Et s’ils souhaitent récupérer le sésame avant la fin de la durée prévue, les bénéficiaires du dispositif devront payer à l’État les sommes qu’ils auraient dû recevoir, à moins que leur demande ne soit justifiée pour des raisons d’emploi ou de santé.
Pour le moment, le ministre des Transports refuse de donner de plus amples précisions sur le succès ou non de sa mesure : lors des questions au gouvernement devant le Parlement ce lundi 16 mars, il a botté en touche lorsqu’un député lui a demandé combien de personnes avaient d’ores et déjà postulé pour entrer dans le dispositif, souligne le Times of Malta. En février, Chris Bonett avait déjà refusé de répondre dans le détail dans les colonnes du quotidien : « Il y a de l’intérêt. Plusieurs candidatures sont actuellement à l’étude et, dès que nous connaîtrons les résultats, nous ferons une annonce officielle », s’était-il contenté de déclarer.




