C’est un pavé dans la mare pour le marché des ordinateurs à petit prix. Alors que la marque Chuwi s'est taillé une place grâce à des tarifs agressifs, une enquête approfondie de la part de NotebookCheck vient de confirmer une pratique de tromperie. Le constructeur vend des ordinateurs portables affichant des caractéristiques au goût du jour, mais installe en réalité des composants plus anciens et moins performants pour gonfler artificiellement la valeur perçue de ses produits.
Une mise en scène orchestrée jusque dans le BIOS
Ce qui rend l'affaire particulièrement inquiétante, c'est l'effort déployé pour tromper l'utilisateur à chaque étape de son achat. Sur le CoreBook X comme sur le récent CoreBook Plus, tout a été méticuleusement orchestré pour masquer la tromperie. Les fiches techniques officielles, les boîtes d'emballage et même les autocollants "Ryzen 5 7000 Series" apposés sur le châssis affichent fièrement la référence la plus récente.
Tous les logiciels de diagnostic étaient dupés avant la mise à jour 2.19 de CPU-Z. © NoteBookCheck
Plus inquiétant encore, la fraude est ancrée au cœur même de la carte mère. Le système d’exploitation et même le BIOS — le logiciel interne de l'appareil — ont été modifiés au niveau pour indiquer la présence d’un processeur AMD Ryzen 5 7430U. En réalité, une fois le système de refroidissement retiré, le numéro d’identification gravé sur la puce confirme qu'il s'agit d'un Ryzen 5 5500U, un processeur sorti deux ans plus tôt et environ 20 % moins performant. Heureusement, le logiciel de diagnostic CPU-Z, dans sa toute dernière mise à jour (2.19), intègre désormais un correctif capable de détecter la supercherie.
Le prestataire "ODM" au centre des soupçons
L'analyse des ordinateurs par NotebookCheck révèle une coïncidence troublante : les modèles incriminés partagent la même carte mère, produite par le sous-traitant Emdoor Digital. Ce prestataire, appelé ODM (Original Design Manufacturer), conçoit et fabrique les appareils pour le compte de plusieurs marques. Il est désormais fort probable que Chuwi soit victime des pratiques de son propre fournisseur, les modifications du BIOS étant opérées directement lors de la conception de la carte mère.
Le Chuwi CoreBook Plus est vendu sur la marketplace de la Fnac © Les Numériques
Cette situation est d'autant plus complexe que d'autres marques utilisant le même prestataire pourraient être touchées. Ce qui ressemble à une excellente affaire est en réalité une économie réalisée sur le dos du consommateur, en lui refilant des stocks de processeurs dépassés maquillés en matériel de dernière génération. Interpellé, Chuwi a d'abord menacé les médias ayant révélé l’affaire de poursuites judiciaires, une réaction défensive qui n'aide pas à éclaircir la responsabilité exacte du fabricant face aux dérives de son prestataire.
Vos droits face à la non-conformité
Si vous possédez l'un de ces modèles, vous êtes techniquement victime d'une non-conformité contractuelle. En Europe, la garantie légale de deux ans protège contre de telles pratiques, que la faute vienne de la marque ou de son sous-traitant. Le fait que le logiciel interne soit modifié pour afficher une fausse information constitue une preuve irréfutable de fraude, ouvrant le droit à un remboursement intégral ou à un remplacement par un produit conforme aux caractéristiques annoncées par la marque.
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il y a 1 day
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