Actualité : Ils ont acheté un bunker pour survivre à l'apocalypse, une querelle de voisinage a tout fait basculer

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Un tir, des chiens en liberté et 575 bunkers : bienvenue à Vivos xPoint

Publié le 29/05/26 à 15h35

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Vous vous souvenez de ces bunkers de luxe vendus pour échapper à la fin du monde ? Perdu dans le Dakota du Sud, l'un des plus grands complexes du genre se déchire déjà. Ses occupants s'affrontent devant les tribunaux pour des fosses septiques, des chiens en liberté et des baux contestés. Le Wall Street Journal a remonté le fil de cette guerre de tranchées domestique.

Ils ont acheté un bunker pour survivre à l'apocalypse, une querelle de voisinage a tout fait basculer

© Capture d'écran : RTBF / Un Monde à part - Un bunker de Vivos xPoint et sa lourde porte d'acier, dans le sud-ouest du Dakota du Sud. Les codes peints, comme “F-805”, datent de l'époque où le site stockait des munitions.

Au beau milieu des prairies du sud-ouest du Dakota du Sud, sur une ancienne base de munitions de l'armée proche des Black Hills, s'alignent 575 bunkers de béton dotés de portes blindées. L'ensemble, baptisé Vivos xPoint, est commercialisé comme “le plus grand complexe survivaliste du monde”, pensé pour encaisser une guerre nucléaire, une pandémie ou un effondrement de la société. Promesse abîmée : d'après le Wall Street Journal, les conflits de voisinage ont éclaté avant le moindre cataclysme.

Vivos xPoint, un paradis survivaliste rattrapé par les procès

Le catalogue des griefs évoque celui d'une copropriété acariâtre : fosses septiques défaillantes, hausses des charges pour couvrir la taxe foncière, chiens mordant les passants et règlement intérieur sans cesse rallongé.

Les baux courent sur 99 ans pour des unités d'environ 200 m², facturées jusqu'à 55 000 $ à la signature, sans compter le loyer foncier et les frais de service annuels. Quant aux commodités vantées au catalogue — un bunker-restaurant, un bunker-piscine ou un bunker-écurie —, elles attendent toujours d'être bâties. La querelle est déjà remontée deux fois jusqu'à la Cour suprême de l'État.

Baux à 99 ans, évictions et enquête du FBI

Deux dossiers majeurs cristallisent la fracture au sein de la communauté. Daniel Sindorf, installé en 2020 après avoir déboursé 35 000 $, a dégainé une arme face à des chiens agressifs en 2023, faisant ensuite l’objet d'une éviction fondée sur une règle interdisant l'exhibition d'armes, ajoutée au règlement après la signature de son bail. Bail qu’un juge a d'abord déclaré “illusoire”, avant que la Cour suprême du Dakota du Sud n'infirme la décision ce printemps.

De son côté, David Streeter, arrivé en 2023 avec sa femme, sa fille et ses quatre petits-enfants, a hérité d'une fosse septique inutilisable. En 2024, lors d'une altercation, il a ensuite blessé par balle un sous-traitant, sans être poursuivi. En outre, une plainte déposée en septembre, qui vise le statut de recours collectif, réclame le remboursement de plus de 100 preneurs et accuse l'exploitant d'avoir enfreint la loi de l'État.

Le salon télé d'un bunker aménagé de la communauté survivaliste Vivos xPoint, à Igloo, dans le Dakota du Sud. Photo prise le 4 octobre 2024.

© Bart Pfankuch / South Dakota News Watch

La société Vivos conteste tout manquement et son fondateur, Robert Vicino, affirme qu'aucune clause ne prévoit de remboursement au prorata. Le FBI a, pour sa part, interrogé d'anciens occupants sur les baux et les finances du site.

Ironie tenace, donc : une communauté bâtie pour survivre à la fin de toute société en appelle aujourd'hui aux tribunaux, ces institutions mêmes qui ne tiendraient plus debout dans le monde qu'elle redoute tant.

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