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Publié le 28/07/26 à 15h22
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Dans les prochaines semaines, si les entreprises jouent le jeu et respectent la loi, vous devriez voir beaucoup plus de contenu sur Internet disposant d'une étiquette pour l'identifier comme ayant été créé ou modifié grâce à l'IA. Mais rien n'est moins sûr.
© Koupei Studio/Shutterstock - Usine à gaz ou bonne initiative pour mieux s'y retrouver face à l'IA, une nouvelle législation arrive dans tous les cas dans l'UE.
Progressivement entré en vigueur depuis son adoption en 2024, l'IA Act de l'Union européenne va tout prochainement imposer une nouvelle règle aux entités générant du contenu à l'aide de l'intelligence artificielle. Dès ce dimanche 2 août 2026, avec une date butoir de mise en conformité fixée au 2 décembre 2026 pour les systèmes d'IA existants, les sociétés devront clairement identifier leurs contenus lorsqu'ils font appel à l'IA.
De nouvelles règles aux contours nébuleux
Tout d'abord, les chatbots, avatars et autres assistants virtuels devront clairement être identifiés comme étant des intelligences artificielles. Cela passera par des icônes ou des étiquettes. Même chose pour un élément moins évident : les contenus (texte, image, son, etc.) générés ou manipulés par une IA.
L'objectif de ces mentions (“IA”, “généré par l'IA” ou “modifié par l'IA”) est de permettre aux utilisateurs de mieux différencier le vrai du faux, le réel de l'artificiel. Pour un responsable de la Commission européenne, “le défi est de préserver la capacité des citoyens à faire confiance à ce qu'ils voient, entendent et lisent”.
Des étiquettes pour mieux identifier l'IA. © La Commission européenne sur X
Les deepfakes, ces faux contenus qui cherchent à se faire passer pour vrais, sont spécifiquement ciblés, mais ils ne sont pas les seuls. Ainsi, les personnes ou sociétés qui publient du contenu dans le cadre d'une activité professionnelle auront l'obligation de signaler les productions faisant appel à l'IA. C'est tout particulièrement le cas des textes informatifs sur des sujets d'intérêt général créés grâce à l'IA sans contrôle éditorial humain.
Si les contenus en ligne sont inondés d'étiquettes sur l'IA et d'avertissements juridiques, les gens auront plus de mal à s'y retrouver.
Si les contrevenants risquent une amende (bonne chance toutefois pour surveiller tout Internet et déterminer qui triche), bien des interrogations subsistent. Tout d'abord, alors que “les œuvres artistiques, satiriques, de fiction ou créatives, ou les textes qui sont uniquement édités avec l'aide de l’IA” sont exemptés, de nombreux flous demeurent. Rien que pour les textes “édités” par IA, cela concerne-t-il aussi les contenus traduits ou corrigés par un algorithme ? Quid des images légèrement retouchées pour en modifier le style ? La marge d'interprétation s'avère particulièrement importante.
Des entreprises comme TikTok, Deezer ou encore Meta ont déjà commencé (avec un succès parfois relatif) à étiqueter les contenus générés par IA, mais il n'est pas certain que toutes les sociétés, et surtout les professionnels indépendants ou les particuliers, se plieront à cette nouvelle réglementation, qui semble déjà plus symbolique qu'autre chose.
Chez Google, qui utilise déjà son filigrane invisible SynthID et devrait malgré tout se plier aux règles pour éviter une nouvelle amende salée, on estime notamment que cette “complexité réglementaire” risque davantage de désorienter les utilisateurs que de les éclairer.
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