Actualité : IPTV pirate : l'Arcom va couper le signal en plein match pendant la Coupe du monde

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Le nouveau système de l'Arcom peut couper un flux pirate pendant le match

Publié le 12/06/26 à 07h03

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L'Arcom déploie un dispositif inédit de blocage IP en temps réel pendant le Mondial. Testé à Roland-Garros, le système coupe les serveurs pirates en plein direct. Les utilisateurs d'IPTV illégale risquent de perdre le signal au pire moment.

 l'Arcom va couper le signal en plein match pendant la Coupe du monde

© Lysenko Andrii - Coupe du monde 2026 : le nouveau dispositif de blocage IP de l'Arcom pourrait couper le signal des services IPTV pirates en plein match.

Penalty, 89e minute, France-Danemark. L'image se fige, puis plus rien... Écran noir. Ce scénario, l'Arcom veut en faire une réalité pour quiconque regarde la Coupe du monde via un service IPTV pirate. Pauline Combredet-Blassel, directrice générale adjointe du régulateur, a prévenu sur France Info : le risque, désormais, c'est “l'écran noir au moment d'un penalty”.

Le dispositif repose sur une rupture technique. Jusqu'ici, la France combattait le piratage sportif par le blocage DNS : on empêchait l'accès à un nom de domaine, les pirates en créaient un autre dans l'heure. Le nouveau système vise directement les adresses IP des serveurs sources. Couper le robinet, pas la pancarte. “Une fois qu'on touche la source, c'est quand même beaucoup plus compliqué de se répliquer”, résume Pauline Combredet-Blassel.

Un galop d'essai à Roland-Garros, un passage à l'échelle pour le Mondial

Le mécanisme a été rodé fin mai pendant le tournoi de Roland-Garros : une dizaine de blocages seulement, le temps de tester la chaîne détection-validation-exécution entre ayants droit, Arcom et fournisseurs d'accès. Le Mondial impose une tout autre cadence : 104 matchs sur cinq semaines, dont la moitié en exclusivité chez beIN Sports. La chaîne qatarie a pris les devants en assignant dès début mai Orange, Free, Bouygues Telecom et SFR devant le tribunal judiciaire de Paris pour obtenir un mécanisme de blocage dynamique.

En Espagne, ils bloquent 10 000 adresses pirates sur une journée de championnat, l'équivalent de ce qu'on bloque en une année, en France.

Le verrou législatif qui freine la machine

L'Arcom reconnaît que le cadre actuel impose un traitement manuel des blocages, avec procès-verbaux et validations hiérarchiques, incompatible avec l'urgence du direct. L'article 10 de la proposition de loi sur le sport professionnel prévoit l'automatisation du processus, mais le texte, voté au Sénat en juin 2025, a été repoussé plusieurs fois à l'Assemblée. L'examen en hémicycle est désormais prévu à partir du 29 juin, soit à mi-parcours du tournoi.

Aujourd'hui, le cadre juridique impose un traitement manuel des mesures de blocage, donc des procès-verbaux et une série de validations hiérarchiques, qui sont incompatibles avec une action en direct.

En attendant, le manque à gagner pour le sport français atteint 290 millions d'euros par an. Et le risque de surblocage plane : une adresse IP peut héberger des services parfaitement légitimes sur le même serveur. L'Arcom assure pouvoir corriger le tir en moins de cinq minutes. L'Espagne, elle, avait coupé GitHub et Cloudflare en voulant appliquer la même méthode. La Coupe du monde dira si la France a retenu la leçon.

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