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Selon lui, l’IA rendra le travail optionnel et l’argent obsolète
Publié le 27/07/26 à 10h16
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Elon Musk annonce la disparition de l’argent, du travail et bientôt de la supériorité humaine. Pendant ce temps, Tesla plonge en Bourse et SpaceX accumule les turbulences. Dans un entretien hors norme accordé à The Economist, le milliardaire reconnaît s’être “laissé emporter” par la politique, multiplie les prophéties sur l’IA et esquisse un mea culpa soigneusement dosé sur son passage au DOGE.
© The Economist / YouTube - Elon Musk lors de son interview avec Zanny Minton Beddoes, rédactrice en chef de The Economist, filmée à l'usine Tesla d'Austin (Texas), le 23 juillet 2026.
SpaceX et Tesla dans la tourmente
L'aveu tombe à un moment critique. Musk, brièvement devenu le premier trillionnaire de l'histoire le mois dernier, voit son vaisseau amiral dévisser en bourse. SpaceX, introduite le 12 juin 2026 lors de la plus grosse IPO de l'histoire américaine, avait flambé jusqu'à 2 600 milliards de dollars de valorisation avant de retomber à 1 600 milliards, un cinquième sous son premier cours de cotation. Une semaine plus tôt, le vol Starship Flight 13 avait avorté au dernier instant : quatre des 33 moteurs Raptor du booster ne se sont pas allumés.
Depuis la base de Starbase à Boca Chica (Texas), SpaceX a opéré le treizième vol d'essai (IFT-13) de son système Starship. © SpaceX
Tesla n'est pas mieux lotie. Les résultats du T2 2026, publiés le jour même de l'interview, affichent un chiffre d'affaires record de 28,24 milliards de dollars (+26 %), mais un bénéfice par action ajusté de 0,33 dollar, loin des 0,51 attendus. Le titre a chuté de 14,5 % en séance, sa pire journée en plus d'un an.
IA, Chine et autorégulation : les autres bombes de l'interview
Au-delà du DOGE, l'entretien regorge de déclarations lourdes. Sur l'intelligence artificielle, Musk estime que l'IA dépassera la somme de l'intelligence humaine "d'ici environ cinq ans" et que le travail deviendra "optionnel" dans la décennie. Il salue le modèle Fable d'Anthropic comme "clairement le modèle le plus intelligent" du marché, tout en notant que le chinois Kimi K3, dévoilé par Moonshot AI, s'en rapproche dangereusement. Surtout, il juge que la Chine est "plus proche que la plupart des gens ne le réalisent" de résoudre le problème de la lithographie avancée, ce qui lui permettrait de produire ses propres puces IA en volume, contournant le monopole du néerlandais ASML.
Le patron de Tesla propose aussi un mécanisme d'autorégulation entre laboratoires d'IA : un accès anticipé d'une à deux semaines aux modèles concurrents avant leur publication, avec signalement aux gouvernements américain et chinois en cas de risque. "Les concurrents peuvent se surveiller mutuellement", avance-t-il, se disant même prêt à "mettre de côté ses différends personnels" avec Sam Altman, patron d'OpenAI, "pour le bien du monde".
Un repentir à géométrie très variable
Musk reconnaît le prix de son aventure gouvernementale : impopularité record, boycotts, manifestations... Le DOGE a poussé des dizaines de milliers de fonctionnaires fédéraux vers la sortie, démantelé l'aide internationale et provoqué des fuites de données sensibles. Pourtant, confronté par Beddoes aux conséquences humanitaires des coupes dans l'aide étrangère et aux morts potentielles liées au démantèlement de l'USAID, le milliardaire balaie : "Zéro. Zéro virgule zéro" personne n'est morte à cause du DOGE, assène-t-il, renvoyant la responsabilité vers les fondations privées comme celle de Bill Gates.
Elon Musk face à Zanny Minton Beddoes, rédactrice en chef de The Economist. Interrogé sur les conséquences humanitaires du DOGE, le milliardaire a balayé : "Zéro virgule zéro" mort, selon lui. © The Economist / YouTube
Le milliardaire ne désarme pas non plus sur le front géopolitique. The Economist note qu'il n'a "montré aucun signe de renoncer à sa tribune géopolitique" et qualifie ses positions de "clairement sectaires" dans un éditorial d'accompagnement. Il prédit une guerre civile au Royaume-Uni "d'ici probablement 20 ans", défend les partis d'extrême droite européens comme étant composés de "gens normaux", et qualifie leur couverture médiatique de "fausse, trompeuse et absurde". Le patron de X, xAI et Neuralink cherche à tourner la page du DOGE, sans en accepter les conséquences, ni modérer le reste.
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