Actualité : Le recyclage, loin d'une solution miracle pour les appareils électroniques

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Publié le 18/03/26 à 14h14

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Imbattable sur le papier, l’idée du recyclage peine souvent à passer l’étape de la concrétisation quand il s’agit de nos appareils électroniques. Rouage essentiel dans une politique de réduction des déchets électriques et électroniques, il s’agit pourtant d’une solution de dernier recours.

Une paire de main jetant des smartphones dans une poubelle de recyclage

© Phoenixns // Shutterstock

À l’occasion de la journée mondiale du recyclage qui a lieu ce 18 mars 2026, Ecosystem, l’organisme responsable de la collecte des déchets électroniques, s’est félicité d’avoir atteint les 65 % de taux de collecte en 2025. Un bel exploit qui cache, cela dit, la réalité complexe de la fin de vie. Si certains appareils sont désossés proprement pour resservir ensuite, derrière le mot "recyclage" se cachent des promesses de prise en charge très variables.

Pour les appareils les plus complexes, comme nos smartphones, tablettes et ordinateurs, le recyclage est un véritable défi technique et logistique qui souligne d’abord l’importance de la réparation et de la réutilisation.

Terres rares et alliages complexes

En effet, recycler à 100 % les matériaux embarqués dans un smartphone mis à la benne est tout simplement impossible. Plus de 70 matériaux différents sont employés pour construire un smartphone. Embarquer plus de la moitié du tableau de Mendeleïev dans un si petit appareil pose mécaniquement des difficultés lors de la phase de recyclage. Surtout que bon nombre de ces métaux et terres rares sont fondus les uns dans les autres dans des alliages qui rendent leur récupération quasiment impossible. "La complexité de la composition des smartphones et des alliages qu’ils contiennent rend impossible le recyclage des appareils en fin de vie. Et la tendance est à la complexification", note SystExt, une association spécialisée dans les problématiques minières.

Les activités de recyclage n’absorbent qu’environ 1 % de la demande actuelle de recyclage des terres rares

Selon un rapport des Nations Unies daté de 2024, 19 milliards de kilos de métaux ont été récupérés sur la masse des 31 milliards de kilos de déchets d’équipements électriques et électroniques jetés la même année. Une différence qui s’explique en partie par la perte de valeur inhérente au processus de recyclage. Le taux de recyclage fonctionnel (qui préserve les caractéristiques utiles du matériau) varie grandement d’un métal à l’autre. "À l’exception du lithium (Li) et du germanium (Ge), de nombreuses matières premières critiques, dont en premier lieu les terres rares, sont difficiles à recycler à partir des DEEE", note l’ONU.

Résultat, pour les terres rares, la quantité de matière récupérée lors du recyclage "ne représente actuellement qu’environ 1 % ou moins de la demande". Ce n’est pas demain la veille que toute l’industrie du smartphone tournera en circuit fermé, donc. Comme le rappelle iFixit, produire un smartphone à partir de matériaux 100 % recyclés est un doux rêve. Pour toutes les raisons citées précédemment, "il n’est pas possible de produire un téléphone neuf à partir d’un ancien", explique le site spécialisé dans la réparation.

Pour autant, des innovations intéressantes ont été faites dans le secteur du recyclage. Mais ces dernières se heurtent à une autre logique implacable. Celle de la rentabilité économique. Toutes ces techniques et ces outils coûtent cher, plus cher que d’aller extraire de nouveaux minerais depuis le sol congolais. "La valeur marchande des terres rares est encore trop basse pour rendre des opérations de recyclage commercial à grande échelle intéressantes", détaillent les Nations Unies.

Consommer moins pour consommer mieux

Pour résumer donc, le recyclage ne se résume pas à la récupération et à la réutilisation de matériaux. D’importants volumes de minerais et de terres rares sont perdus dans le processus quand d’autres sont tout simplement trop chers ou trop complexes à récupérer. Pour ces raisons techniques et économiques, le recyclage n’est donc pas une solution miracle à notre fièvre de consommation en matériel électronique.

S’il reste essentiel de correctement disposer de ces vieux appareils pour leur permettre d’être correctement d’irriguer, ne serait-ce qu’un petit peu, le circuit de la seconde vie, le recyclage ne doit être que la dernière alternative après la réparation, la réutilisation et le reconditionnement. Consommer mieux, c’est d’abord consommer moins.

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