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Un nouveau type de monde “mou” découvert par le James-Webb
Publié le 17/03/26 à 12h12
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Le télescope spatial James-Webb vient de lever le voile sur L 98-59 d, une exoplanète qui ne ressemble à rien de connu. Ni rocheuse comme la Terre, ni gazeuse comme Neptune, elle abriterait un immense océan de magma riche en soufre. Bienvenue sur une planète “molle”.
Illustration d'un nouveau monde “mou” découvert par le James-Webb. © Généré par Brice Haziza sur Banana
L'Univers ne finit pas de nous surprendre. Après les superterres et les mondes aussi peu denses que de la barbe à papa, voici qu'une découverte du télescope James-Webb brouille la frontière entre les planètes gazeuses et les planètes rocheuses.
L'étude publiée ce 16 mars dans Nature Astronomy révèle l’existence d’une troisième catégorie de mondes : les planètes riches en éléments volatils et en fusion. Au centre de cette découverte, L 98-59 d, située à seulement 35 années-lumière de nous, qui redéfinit notre compréhension de l'évolution planétaire.
Un portrait-robot d'exoplanète qui ne collait pas
Illustration de la publication de l'université d'Oxford sur ce nouveau type de planète. © Mark Garlick
L 98-59 d n'est pas une inconnue. Détectée précédemment, elle intriguait les astronomes par sa densité : trop “légère” pour être purement rocheuse, mais petite et trop massive pour n'être qu'un simple ballon de gaz. Grâce aux capacités d'analyse spectroscopique de l'observatoire à infrarouges James-Webb, les chercheurs de l'Université d'Oxford ont enfin pu percer son secret. Ce n'est pas une superterre comme les autres…
Le constat est sans appel : la planète est recouverte d'une atmosphère riche en dioxyde de soufre (SO2) et en sulfure d'hydrogène (H2S). Plus fascinant encore, ces gaz ne sont pas là par hasard. Ils s'échappent directement de l'intérieur de la planète, suggérant que sa surface n'est pas solide, mais constituée d'un océan de magma de silicate enrichi en soufre.
Un monde “fondu” à l'odeur d'œuf pourri
Vue simulée de ce à quoi pourrait ressembler la planète sous son atmosphère de soufre © Généré par Brice Haziza sur Banana
Là-bas, pas de beaux paysages montagneux. À cause de sa proximité avec son étoile, L 98-59 d subit une chaleur telle que sa croûte ne peut rester solide. Les modèles numériques indiquent que la planète pourrait être entièrement “molle” avec un manteau fluide s'étendant sur des milliers de kilomètres.
“C’est un type de planète totalement nouveau”, explique l’équipe de recherche. L'analogie est frappante : si la Terre est un caillou et Jupiter un nuage, L 98-59 d ressemble davantage à une immense goutte de mélasse brûlante. Et si vous pouviez y mettre le nez (et l'y laisser, au vu des températures), l'odeur dominante serait celle de l'œuf pourri, caractéristique du sulfure d'hydrogène.
Exploit du James-Webb et planétologie en fusion
Cette annonce souligne surtout l'incroyable montée en puissance de l'instrumentation spatiale. Identifier des molécules comme le H2S à une telle distance était impensable il y a cinq ans. Le JWST ne se contente plus de déduire la présence des planètes, il en fait la biopsie chimique. En cela, il tient toutes ses promesses de caractérisation des atmosphères des exoplanètes, ce qui, rappelons-le, est incroyable quand on pense aux distances concernées. Ici, environ 330 000 milliards de kilomètres !
Cette découverte suggère également que de nombreuses exoplanètes classées jusqu'ici comme de simples superterres pourraient en réalité être ces mondes de soufre en fusion. Une nouvelle case vient d'être cochée dans le grand bestiaire du cosmos.
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