Actualité : Pénurie d'eau potable : ils ont créé un tissu qui transforme l'air en eau, et les résultats sont impressionnants

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Publié le 12/06/26 à 06h45

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Boire l'eau de l'air grâce à ses vêtements... L'idée ressemble à de la science-fiction, mais une équipe de l'Université du Texas à Austin vient de la concrétiser. Leur textile, intégré à une veste, capte l'humidité atmosphérique et la convertit en eau potable, jusqu'à 900 ml par jour. L'étude est parue dans Science Advances.

 ils ont créé un tissu qui transforme l'air en eau, et les résultats sont impressionnants

© Université du Texas à Austin - Le textile développé par l'équipe de la Cockrell School of Engineering capte l'humidité ambiante et l'achemine vers des unités de collecte amovibles intégrées à la veste.

Capter la vapeur d'eau dans l'air pour en faire une ressource buvable, l'idée existe depuis plusieurs années. Mais jusqu'ici, les dispositifs capables de le faire restaient encombrants : boîtiers fixes, panneaux sorbants, installations lourdes à déplacer... L'équipe menée par Guihua Yu, professeur titulaire au département de génie mécanique de la Cockrell School of Engineering, a emprunté une tout autre voie en logeant le procédé directement dans les fibres d'un tissu.

Si le tissu lui-même peut collecter l'eau de l'air, cela ouvre une direction inédite pour un accès à l'eau personnel et portable.

Un textile portable, trois à dix fois plus efficace que les sorbants classiques

Le tissu absorbe l'humidité ambiante puis la canalise vers des modules de collecte amovibles fixés au vêtement. Une fois détachés, ces modules sont placés dans un collecteur pliable et chauffés pour libérer une eau consommable. Lors des tests, la veste a généré entre 400 et 900 millilitres d'eau potable par jour selon le taux d'humidité, soit l'équivalent d'une à deux petites bouteilles. Face aux matériaux de récolte atmosphérique existants, le gain de rendement atteint un facteur trois à dix à échelle comparable.

Structure de la fibre poreuse, prototype textile déployé en extérieur et comparaison des performances avec les matériaux existants (MOFs, hydrogels, composites de sel). Les étoiles orange représentent les résultats de l'équipe texane.

Structure de la fibre poreuse, prototype textile déployé en extérieur et comparaison des performances avec les matériaux existants (MOFs, hydrogels, composites de sel). Les étoiles orange représentent les résultats de l'équipe texane.

© Science Advances / UT Austin

Toute l'ingéniosité du dispositif tient à l'architecture du transport hydrique au sein même de la fibre : la vapeur passe à l'état liquide en surface, puis migre rapidement vers l'intérieur du textile.

L'équipe a conçu un chemin pour que l'eau se déplace rapidement, de la vapeur dans l'air au liquide en surface de fibre, puis à l'intérieur du textile. C'est ce design de transport qui permet au matériau de fonctionner dans un système portable.

Au-delà de la veste, un record mondial en milieu aride

En parallèle, la même équipe a développé un dispositif solaire autonome à base d'hydrogel dérivé de biomasse, testé dans le désert de Chihuahua (Nouveau-Mexique) et en climat semi-humide à Austin. Résultat : 1,3 litre d'eau potable collecté par jour, soit 4,3 litres par kilogramme de matériau sorbant. Un record dans la discipline, publié dans Nature Water.

Les chercheurs envisagent désormais d'adapter le textile à des sacs à dos, des tentes ou des abris d'urgence, avec des applications concrètes pour les secouristes, les travailleurs agricoles ou les randonneurs en zones reculées. Les régions les plus susceptibles d'en profiter recoupent les territoires les plus exposés au stress hydrique mondial : Afrique du Nord, Moyen-Orient, Asie du Sud, Afrique subsaharienne.

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