Actualité : Réparer sa voiture avec une imprimante 3D ? La France veut populariser l’idée

il y a 2 day 2

Et si vous ne dépendiez plus du bon vouloir d’un constructeur pour vous fournir en pièces détachées ? C’est l’avenir imaginé par un récent décret présent par le gouvernement à la Commission européenne. Ce dernier cherche à faciliter le recours à l’impression 3D pour produire des composants qui ne sont plus nécessairement vendus dans le commerce, relève l’Informé.

Plutôt que de jeter son moteur de voiture à cause d’un engrenage défectueux ou une machine à soda à cause d’une poignée cassée, il deviendrait ainsi possible de leur donner une seconde vie avec un bout de plastique imprimé sur-mesure. De quoi limiter grandement la production de déchets électriques et électroniques. Mais ce rêve s’accompagne malheureusement de nombreux astérisques.

Une entrée en vigueur dès 2027

Cette possibilité a en réalité été imaginée dès 2020 lors de la promulgation de la loi anti-gaspillage et économie circulaire (AGEC). Son article 19 précise bien que "pour certaines catégories de bien définies par décret" un constructeur doit être en mesure de fournir "aux vendeurs professionnels ou aux réparateurs […] le plan de fabrication par un moyen d’impression en trois dimensions de la pièce détachée". Et si le modèle 3D n’existe pas, alors le fabricant doit être en mesure de fournir "les informations techniques utiles à l’élaboration de ce plan" dans un délai de vingt jours ouvrables.

À moins d’une improbable censure de cette disposition de la part de la Commission européenne, le décret sus-cité entrera en vigueur dès le 1er janvier 2027 et concernera les appareils électroménagers, les articles d’éclairage, éléments d’ameublement, les outils de bricolage, article de sports, les vélos électriques et autres engins motorisés, les voitures, motos, les smartphones, tablettes et ordinateurs, les consoles, serveurs ou autres "dispositifs d’affichage électroniques" liste le texte.

N’importe lequel de ces objets, s’il arrive sur le marché après 2027 ou s’il est encore officiellement en vente au moment du passage à la nouvelle année, pourra ainsi être concerné. De quoi envisager un futur ou impression 3D rime avec durabilité.

Une pratique voué à la confidentialité ?

D’après l’Informé cependant, la mise à disposition des modèles 3D ne devra pas forcément être gratuite, même si l’on imagine qu’elle devra respecter les règles de l’UE, qui exige que les pièces soient commercialisées à un "prix raisonnable". Prix auquel il faudra ajouter le coût de l’impression via une plateforme tierce, à moins d’être équipé d’une imprimante 3D chez soi.

Deuxième petit bémol, cela concerne les pièces qui ne sont plus disponibles sur le marché. Pas question de faire des économies en demandant le plan 3D d’une pièce vendu en ligne par le fabricant. Enfin, cette nouvelle obligation pourra être contournée si l’impression 3D "ne peut pas être utilisée dans le respect de la sécurité des produits" ou si elle viole le droit de propriété intellectuelle du fabricant.

Face aux divers efforts faits pour allonger la durée de disponibilité des pièces détachées, à la multiplication des pièces compatibles construites par des entreprises tierces et aux complications législatives posées par ce décret, le dépannage par impression 3D risque donc bien de rester confidentiel.

Cela n’a pas empêché certains constructeurs de prendre un peu d’avance sur le sujet, cela dit, puisque Philips se félicitait il y a peu de justement fournir des modèles pour certains de ses produits. Et après tout, même un rasoir ou une machine à laver sauvés par le miracle de l’impression 3D, c’est déjà ça.

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