SFR s’apprête à disparaître dans les mois à venir, suite à un accord de vente de 20,35 milliards d’euros, scellé le samedi 6 juin 2026 avec Orange, Bouygues et Free. Toutefois, le passage de quatre à trois opérateurs suscite de vives inquiétudes. L’Autorité de la concurrence prévient en effet que cette opération colossale n'est pas du tout acquise, prête à scruter à la loupe le projet de rachat pour protéger les consommateurs face à cette nouvelle concentration du marché des télécoms.
Jusqu’à 18 mois d’enquête de l’Autorité de la concurrence pour le rachat de SFR
Dans un entretien donné au Monde, Benoît Cœuré, président de l'Autorité de la concurrence, a délivré de longues réponses aux diverses questions autour du rachat de SFR par le trio Orange, Bouygues Telecom et Free.
Bien que l’opération “ne va pas de soi parce qu’il s’agit d’un rapprochement sur un marché déjà très concentré”, il explique tout d’abord que si le passage de quatre à trois opérateurs était jugé d'emblée strictement anticoncurrentiel, l'institution l'aurait déjà fait savoir. En effet, autant éviter aux acquéreurs de s'épuiser et de dépenser des millions d'euros en frais de conseil pour un dossier qui n’aboutira pas à terme.
Les inquiétudes se portent plutôt du côté du comportement du trio vis-à-vis des consommateurs, notamment face à une hausse des prix généralisée pour rentabiliser cet investissement. “Nos inquiétudes portent également sur le risque de coordination renforcée des comportements des opérateurs que pourrait entraîner une réduction de la concurrence”, ajoute Benoît Cœuré.
Pour faire simple, Orange, Bouygues et Free pourraient profiter de la structure temporaire gérant les actifs de SFR lors du rachat pour s'échanger des informations sensibles. L'institution craint ainsi qu'ils s'entendent sur leurs futures politiques commerciales, rappelant au passage la lourde amende de 534 millions d'euros infligée en 2005 pour des pratiques d'entente similaires.
Un potentiel oligopole à l’encontre des projets européens en cours ?
À noter, cette opération d'envergure survient au moment où la Commission européenne révise ses lignes directrices sur les concentrations d'entreprises. Si Bruxelles souhaite favoriser l'émergence de champions européens capables d'investir massivement dans l'intelligence artificielle ou la cybersécurité pour relancer la compétitivité du Vieux Continent, Benoît Cœuré prévient que cette ambition ne justifie pas de sacrifier les particuliers.
L'Autorité de la concurrence et la Commission européenne, qui se coordonneront tout au long de cette instruction pouvant s'étirer sur dix-huit mois, mettront donc systématiquement en balance les gains technologiques promis par le rachat de SFR avec la préservation stricte du pouvoir d’achat des consommateurs.
Bouygues Telecom, Free et Orange auront donc la lourde tâche de prouver de manière vérifiable et quantifiable que les bénéfices tirés de ce rapprochement profiteront concrètement à leurs abonnés. Un travail de longue haleine qui durera donc une bonne année et demie, potentiellement avec des rebondissements à la clé.
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il y a 1 hour
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