Actualité : Starship V3 : un premier test de mise à feu qui tourne court avant le vol inaugural d’avril

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Publié le 19/03/26 à 06h30

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Le V3 du Starship continue ses essais. Si l'entreprise d'Elon Musk célèbre une "campagne d'activation réussie", les observateurs notent que les tests ont révélé des fragilités inattendues sur cette nouvelle génération censée révolutionner la capacité d'emport orbitale.

Illustration de la baie de moteurs Starship avec 10 moteurs allumés.

Illustration de la baie de moteurs Starship avec 10 moteurs allumés.

© Illustration générée sur Banana

Le Starship change d’ère, mais non sans douleur. Ce mercredi 18 mars, SpaceX a confirmé avoir achevé la première campagne de tests cryogéniques du Super Heavy V3 (Booster 19) sur le nouveau Pad 2 de la Starbase, au Texas.
L'objectif était de valider la structure de ce géant — encore plus grand et puissant que ses prédécesseurs — en le remplissant de méthane et d'oxygène liquides à des températures ultra-basses.
Si les photos partagées par la firme montrent un booster majestueux sous les projecteurs, les coulisses des essais de ces dernières semaines dépeignent un tableau plus nuancé.

Le booster 19 sur son pas de tir Pad 2.

Le booster 19 sur son pas de tir Pad 2.

© SpaceX

Un colosse aux pieds d’argile ?

L'angle mort de cette réussite affichée réside dans les récents déboires subis par les articles de test de la V3. En début d'année, un exemplaire de test à Massey (le site d’essai structurel de SpaceX) a été poussé jusqu’à la rupture, rappelant l'explosion de novembre 2025. Si l’on peut arguer qu’il s’agit là de la méthode “fail fast, learn fast” (échouer vite pour apprendre vite) chère à Elon Musk, cet incident rappelle que le passage à la V3 n’est pas qu’une simple mise à jour logicielle.

Le tir statique du 16 mars dernier a également connu un déroulement inattendu : seulement 10 moteurs ont été allumés et le tir s'est interrompu “plus vite que prévu suite à un problème au sol”. Le prochain tir statique doit concerner les 33 nouveaux moteurs Raptor 3 (que nous vous présentions ici).

La Version 3 du Starship est un monstre d'ingénierie : elle doit être capable de placer plus de 100 tonnes en orbite basse (contre environ 35 tonnes pour la V2) grâce aux moteurs Raptor 3. Plus hauts, dotés de réservoirs agrandis, ces nouveaux modèles imposent des contraintes de pression inédites sur les soudures et les valves. Or, ce sont précisément ces composants qui semblent avoir montré des signes de faiblesse lors des récentes mises en pression, forçant parfois les ingénieurs à interrompre prématurément les séquences de remplissage.

Le calendrier Artemis sous pression, Elon Musk annonce un vol en avril

Pour SpaceX, le temps presse. Elon Musk a annoncé viser un décollage du premier “Full Stack” V3 (Booster 19 et Ship 39) pour le début ou la mi-avril. Ce vol 12 est crucial : c'est avec cette architecture que SpaceX doit prouver à la NASA sa capacité à transférer du carburant en orbite, une étape indispensable pour les futures missions lunaires Artemis.

Cependant, après une année 2025 marquée par plusieurs pertes de prototypes en plein vol (IFT-7 et IFT-8 notamment), SpaceX ne peut plus se permettre un échec catastrophique au décollage. Si le test de cette semaine a permis d'activer les systèmes sol du Pad 2, le tir statique des 33 moteurs sera le véritable juge de paix.

La V3 du Starship est la version capable d'atteindre la Lune et Mars. Mais entre les annonces optimistes d'Elon Musk sur X (ex-Twitter) et la réalité physique des réservoirs qui grincent sous la pression, la frontière est mince. Le vol d'avril sera tout sauf une formalité : il s'agira de dompter une puissance de poussée encore jamais vue dans l'histoire de l'humanité.

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