Actualité : Synology : retour sur l'année 2025 et la crise de la RAM avec Chad Chiang, directeur Europe au Computex 2026

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Publié le 11/06/26 à 10h26

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Après une année 2025 éprouvante en matière d’image, Synology, le constructeur de NAS et de solutions de stockage pour professionnels, attaque l’avenir à pleines cornes au sein d’un secteur de la tech pourtant sous tension.

 retour sur l'année 2025 et la crise de la RAM avec Chad Chiang, directeur Europe au Computex 2026

© Les Numériques - Synology Computex 2026

À l’instar de la quasi-totalité des acteurs de la tech présents au Computex 2026, Synology ne compte pas rater le train de l’intelligence artificielle. La marque taïwanaise mise sur la sécurité et les réseaux fermés de ses solutions de stockage pour intégrer l’IA – notamment via sa suite logicielle DSM –, à l’heure où l’essor des agents en cloud soulève de légitimes inquiétudes quant à la souveraineté des données. Autant de preuves de l’importance cruciale du marché B2B pour Synology, qui table sur un chiffre d’affaires d’un milliard de dollars pour l’année 2026.

Côté grand public néanmoins, le catalogue de la marque reste un peu plus restreint. On y note toutefois l’arrivée d’une nouvelle itération pour la BeeStation, ce “HDD connecté” aux frontières du NAS pour débutants, lancé en avril dernier. Pour Chad Chiang, directeur de la branche Europe, ces quelques produits permettent de garder un pied dans le marché grand public : “Les ventes continuent leur croissance”, tempère-t-il, sans pour autant égaler le dynamisme des segments prosumer et B2B.

Synology BeeStation

La BeeStation est à mi-chemin entre le NAS et le HDD “connecté”

© Synology

Le mea culpa après la fronde des disques durs verrouillés

L’actualité récente de Synology a été secouée par un sérieux faux pas face aux consommateurs : la marque a étendu à partir d’avril 2025 sa politique de disques durs “vérifiés” (autrefois réservée à son portefeuille B2B) à sa gamme de NAS DiskStation Plus et Value, qui vise les prosumers et utilisateurs avancés.

Concrètement, les possesseurs des modèles concernés devaient désormais opter pour des disques durs de fabricants tiers certifiés par la marque, entraînant des surcoûts potentiels par rapport aux versions standards disponibles dans le commerce. Une décision qui a provoqué une levée de boucliers chez les clients historiques, au moment même où de nouveaux concurrents comme Ugreen et Ubiquiti investissaient le marché des NAS grand public. Quelques mois plus tard, en octobre, Synology a opéré un rétropédalage via la mise à jour 7.3 de DSM, rétablissant la compatibilité des HDD tiers avec les DiskStation Plus et Value de la série 25.

“Je dirais que ça a été une bonne leçon pour nous, admet Chad Chiang. Nous avons estimé que s’il s’agit d’un NAS de série Plus, nous ne devrions pas limiter ce que les consommateurs veulent faire avec leurs disques durs.” Le directeur nuance néanmoins l’impact de ce couac public sur les ventes de ses produits : “Si vous regardez les chiffres de mai à octobre de l’année dernière, la croissance sur le marché grand public n’a pas bougé. Mais en matière de retours d’expérience, c’était une excellente chose de faire machine arrière.”

Un revirement qui tombe à point nommé, juste avant la flambée des prix des modules de stockage, également portés par les besoins croissants des hyperscalers de l’IA : “Nous avions nous-mêmes des difficultés d’approvisionnement en disques durs, le timing était donc bon.”

Synology

Comme beaucoup d'autres acteurs de la tech, Synology mise sur l'IA pour sa suite logicielle.

© Synology

Face à la “RAMpocalypse” et la crise des composants

En parallèle de la hausse des prix des modules de stockage qui sévit depuis le début de l’année, la “RAMpocalypse” a, sans surprise, elle aussi touché Synology. “L’impact a été important. Récemment, je crois que c’était en avril, nous avons dû réajuster le prix de certains produits DiskStation à cause du coût des puces mémoire.” À titre d’exemple, Chad Chiang précise que “les barrettes de 8 Go, qui nous coûtaient entre 15 et 25 $, sont désormais à plus de 300 $”. Un marché sous tension qui pousse Synology à chercher “d’autres alternatives”, mais aussi à déployer des “améliorations logicielles pour consommer moins de mémoire” et ainsi solliciter des modules plus modestes.

Comme à l’accoutumée lors de nos rencontres au Computex, nous avons demandé à Chad Chiang quand espérer une sortie de crise pour les composants qui bouleversent actuellement toute l’industrie tech. “Pour la mémoire, répond-il, je table sur un retour à la normale pour le premier trimestre 2027.” Une estimation plutôt optimiste, d’autant que les modules de stockage devraient subir cette tension plus durablement : “Je ne sais pas combien de temps la crise durera, mais il ne faut pas espérer de baisse du prix des SSD avant la fin de l’année prochaine.”

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