Actualité : XI-CC : la nouvelle particule découverte au CERN qui va vous charmer

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Publié le 18/03/26 à 07h45

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Alors que le Grand collisionneur de hadrons (LHC) continue de sonder et conquérir l'infiniment petit, une nouvelle particule vient d'être détectée. Baptisée Xi-cc-plus, elle pèse quatre fois plus lourd qu’un proton et confirme, par sa seule existence, la puissance de nos modèles théoriques... tout en ouvrant la porte à de nouveaux mystères.

Le LHC du CERN découvre une nouvelle particule.

Le LHC du CERN découvre une nouvelle particule.

© Montage réalisé à partir d'une photo du LHC et d'une illustration (CERN)

Dans le zoo des particules élémentaires, il y a les stars que tout le monde connaît (l’électron, le photon) et les spécimens plus exotiques que les physiciens traquent pendant des décennies. La découverte annoncée par la collaboration LHCb au CERN appartient à cette seconde catégorie. Ce nouveau venu est un baryon, une famille de particules dont font partie les protons et les neutrons, mais avec une configuration radicalement différente.

Proton, proton, gros patapon

Voici Ξcc+, un gros baryon nouveau venu dans la famille.

Voici Ξcc+, un gros baryon nouveau venu dans la famille.

© CERN

Cette particule est affublée d'un nom pour le moins particulier, que n'aurait pas renié Elon Musk (adepte des prénoms impronoçables) : Xi-cc plus, ou encore plus singulièrement Ξcc+. Voyons sa “recette” interne : un proton classique est composé de deux quarks up et d'un quark down, des composants très légers. La nouvelle particule, elle, remplace les quarks up par deux quarks “charmés” (ou “charm”, en anglais).

Le quark charmé (qui porte ce nom car les physiciens lui trouvèrent une grande élégance théorique), est beaucoup plus massif que les quarks up. Résultat : cette particule affiche une masse d’environ 3621 MeV, soit environ quatre fois celle du proton. Pour les physiciens, c'est un colosse. Imaginez croiser un chat de 20 kilos : la structure est familière, mais l'échelle change tout.

Le triomphe de l'instrumentation (et de la donnée)

Voici le genre d'images qu'analysent les physiciens pour découvrir de nouvelles particules, les courbes représentent leurs trajectoires.

Voici le genre d'images qu'analysent les physiciens pour découvrir de nouvelles particules, les courbes représentent leurs trajectoires.

© CMS (CERN)

Cette détection n’est pas le fruit du hasard, mais celui de la technologie de pointe. C'est la première particule identifiée depuis la mise à niveau majeure du détecteur LHCb achevée en 2023. Grâce à une sensibilité accrue et une capacité à traiter des volumes de données colossaux, les chercheurs ont pu isoler ce signal parmi des milliards de collisions de protons.

La découverte atteint un niveau de certitude statistique de 7 sigma, bien au-delà du seuil de 5 sigma requis pour valider officiellement une découverte en physique. En clair, la probabilité qu'il s'agisse d'un simple bruit de fond statistique est quasi nulle. La robustesse de l'annonce est incontestable.

Pourquoi est-ce important ?

Ce nouvel exploit du CERN est un pas de plus pour tester la Chromodynamique Quantique (QCD), la théorie qui décrit “l'interaction forte”. C'est cette force qui colle les quarks ensemble au sein des noyaux atomiques.

Observer comment deux quarks lourds gravitent l'un autour de l'autre, avec un quark léger en orbite, permet de confronter nos simulations informatiques à la réalité.

Ce résultat très important est un exemple brillant du rôle essentiel que joue l’expérience LHCb dans la réussite du LHC grâce à ses capacités uniques”, souligne Mark Thomson, directeur général du CERN. “Cela montre combien les améliorations apportées aux expériences au CERN contribuent directement à de nouvelles découvertes, ouvrant la voie aux avancées scientifiques majeures attendues avec le LHC à haute luminosité”.

La recherche de l'anomalie

Si la particule Ξcc+ est éphémère (elle se désintègre presque instantanément), son observation marque le début d'une nouvelle ère pour le LHC. Avec cette 80e particule découverte par le collisionneur, les scientifiques espèrent désormais débusquer des anomalies qui pourraient nous mener vers une “nouvelle physique”, capable d'expliquer enfin la matière noire ou l'asymétrie entre matière et antimatière.

Le zoo subatomique vient de s’agrandir, et pour nous, passionnés de technologie et de science, c'est la preuve que la machine la plus complexe jamais construite par l'Homme n'a pas encore fini de nous surprendre.

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