Animateurs, agriculteurs, bénévoles : ces visages de la solidarité face aux incendies en Gironde

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On les voit partout. Au centre des expositions de Bordeaux, ils sont plus de 500 à travailler nuit et jour pour répondre aux besoins des personnes évacuées. Sur le front, ils sont aussi des centaines – agriculteurs et citoyens – à se mobiliser aux côtés des pompiers dans leur lutte contre les flammes. S'ajoutent aussi ces anonymes qui offrent un toit, récoltent des dons ou qui en fournissent…

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Depuis près d'une semaine et le début du mégafeu qui ravage la Gironde, des centaines de milliers de personnes se mobilisent et luttent avec leurs propres moyens face à cette catastrophe. Voici quelques-uns de ces visages.

Blanche et Dorian, "c'est toujours mieux de se sentir utiles"

Blanche et Dorian, bénévoles pour la Protection civile, viennent en aide aux personnes les plus fragiles Blanche et Dorian, bénévoles pour la Protection civile, viennent en aide aux personnes les plus fragiles. © Cyrielle Cabot, France 24

Âgés respectivement de 20 et 21 ans, Blanche et Dorian arborent fièrement l'uniforme orange et bleu marine de la Protection civile. Depuis samedi, eux, comme les plusieurs centaines de bénévoles de cet organisme de protection de la population venus des quatre coins de la France, sont à pied d'œuvre pour venir en aide aux publics les plus vulnérables, notamment les patients des hôpitaux et les personnes âgées. 

"C'est mieux d'être ici que devant la télévision à juste regarder ce qu'il se passe sans rien pouvoir faire. Au moins, on se sent utiles", expliquent-ils de concert. 

"Cela fait quatre ans que je suis bénévole à la Protection civile, mais je n'avais jamais connu quelque chose comme ça. Ça a donné beaucoup de sens à mon engagement", ajoute Blanche.

Étudiante infirmière à Bordeaux, elle est bien décidée à rester mobilisée tant que cela sera nécessaire. Quand elle finit sa longue nuit à la Protection civile, elle troque son uniforme bleu et orange contre sa blouse blanche et se met en direction du CHU. "Face à un épisode comme celui-là, les personnes les plus vulnérables sont plus fragiles que jamais. Avec le traumatisme de quitter sa maison et la peur de l'incendie, certains peuvent être désorientés, perdus et les pathologies explosent."

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Romain, de l'eau pour les pompiers

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"À un moment, il faut se rendre utile", insiste aussi Romain. Lui est mobilisé directement aux côtés des pompiers avec une mission : leur apporter de l'eau. "On remplit des grandes cuves pour ravitailler directement leurs camions. Cela leur évite d'avoir à arrêter d'arroser les flammes pour venir eux-mêmes remplir les réserves. Sinon, la nuit, nous utilisons nous-mêmes cette eau avec une pompe pour arroser les fossés et noyer les petits feux qu'on peut aider à éteindre."

Théo Hernandez, "comme en 2022"

Un fermier tente de remplir une réserve d'eau à destination des pompiers, à Saint-Jean-d'Illac, en Gironde, le 27 juillet 2026 Un fermier remplit une réserve d'eau à destination des pompiers, à Saint-Jean-d'Illac, en Gironde, le 27 juillet 2026. AFP - PHILIPPE LOPEZ

"Nous sommes très attachés à notre territoire, à notre patrimoine, donc évidemment, dès que nous sommes disponibles, nous venons aider les pompiers", explique Théo Hernandez, président des Jeunes agriculteurs de Gironde. "Comme en 2022", ajoute-t-il, faisant référence au précédent incendie massif qui avait frappé le département, cette fois au niveau de la dune du Pilat.

Le jeune homme fait partie des nombreux agriculteurs mobilisés pour aider à la lutte contre les flammes, sillonnant les routes avec leurs tracteurs remplis d'eau ou leurs pickups équipés de grilles métalliques pour déboiser.

Un travail harassant. "On a l'impression que ça va jamais s'arrêter. C'est énorme. Ça fait quatre jours non-stop sur place", témoigne encore Théo. "C'est usant, on dort deux à trois heures par nuit."

Chris, des ballons pour divertir les enfants

Chris, bénévole, distrait les enfants hébergés au parc des expositions de Bordeaux avec ses ballons de baudruche Chris, bénévole, distrait les enfants hébergés au parc des expositions de Bordeaux avec ses ballons de baudruche. © Cyrielle Cabot, France 24

Chris, quant à lui, est devenu la coqueluche des enfants hébergés au centre des expositions de Bordeaux. Affublé de son chapeau et de sa chemise à fleurs, il multiplie les animations pour les enfants.

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Il se balade avec une pompe et un gros stock de ballons de baudruche. Il gonfle, puis les plie de façon à former un petit chien. Après près de trente minutes à s'exécuter, le geste devient presque mécanique. La troupe de bambins qui l'entoure est ravie.

Et si les chiens gonflables ne suffisent pas, Chris est accompagné d'un ami à quatre pattes en chair et en os. Là encore, les enfants ne boudent pas leur plaisir à l'idée de lui faire quelques caresses.

"En temps normal, je suis bénévole auprès d'une association qui crée du lien et intervient auprès des personnes âgées", explique Chris. "Mais je tiens aussi une boutique en ligne d'animations. Alors c'était le bon moment pour utiliser mes ballons. C'est usant. Je suis là toute la journée, parfois jusqu'à la nuit tombée. Mais les enfants ont l'air de passer un bon moment et cela laisse à leurs parents un peu de temps pour souffler. C'est le principal."

Marc, offrir un toit "ce n'est pas grand-chose".

Gisèle et son mari surveillent leurs petits-enfants qui jouent au parc en compagnie de Marc, qui les accueille depuis leur évacuation vendredi de la ville d'Andernos, le 26 juillet 2026. Gisèle et son mari surveillent leurs petits-enfants qui jouent au parc en compagnie de Marc, qui les accueille chez lui, près de Bordeaux, depuis leur évacuation vendredi de la ville d'Andernos, le 26 juillet 2026. © Cyrielle Cabot, France 24

Dans un parc pour enfants de Bordeaux, Marc discute avec deux nouveaux amis, Gisèle et son mari. "Nous avons été évacués d'Andernos et Marc a gentiment accepté de nous héberger", explique Gisèle. "Il est simplement ami avec ma belle-fille et il nous a proposé. Cela nous a permis de rester proches de mes enfants et de mes petits-enfants, eux aussi sont logés juste à côté."

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Marc hausse les épaules. "Nous avons de la place, une chambre d'amis, le moins que l'on puisse faire dans des circonstances pareilles, c'est aider comme on peut."

Pour les nouveaux amis, les circonstances sont quand même devenues une occasion de se taquiner. "Espérons qu'on rentre bientôt chez nous et qu'on arrête de l'embêter", sourit Gisèle. "C'est bien vrai !", rétorque Marc. 

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