Avant la guerre, de Tristan Jordis : l’héritage de la violence

il y a 1 day 1

Le romancier reconstitue avec la précision de l’historien le processus à l’œuvre après la révolte de 1988 (ici, deux habitants d’Alger observent les ruines d’un bâtiment incendié par des guérilleros fondamentalistes islamistes, en 1994).

Le romancier reconstitue avec la précision de l’historien le processus à l’œuvre après la révolte de 1988 (ici, deux habitants d’Alger observent les ruines d’un bâtiment incendié par des guérilleros fondamentalistes islamistes, en 1994). HOCINE ZAOURAR / AFP

CRITIQUE - Une plongée impressionnante dans les engrenages qui menèrent l’Algérie dans l’horreur de la « décennie noire ».

En France, de nos jours, Idir, 17 ans, doit faire face à la mort de son père sur un chantier. Cette épreuve du deuil est l’occasion pour le garçon de se pencher sur ses origines (berbère côté paternel, kabyle côté maternel), sur l’histoire de sa famille (certains de ses aïeux participèrent à la guerre d’indépendance) et celle du pays de ses ancêtres. Idir n’a pas grandi avec des discours idéalisant la lutte pour l’indépendance. Afin de se libérer de la colonisation, il fallait des hommes « sans états d’âme, capables de liquider des innocents sans détourner les yeux, capables de terroriser la population », lui confia son père. Son grand-père Tewfik lui expliqua pourquoi la victoire sur la France était inéluctable : « Parce qu’on aurait préféré tuer tous les Algériens que laisser l’Algérie aux Français. »

Surtout, Tewfik lui raconte l’étonnant destin de Jilali, un musicien des rues, fils de harkis, qui avec sa « gueule d’artiste » ne pensait qu’à séduire les filles et à…

Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 67% à découvrir.

Le Figaro

Vente Flash

-70% sur votre abonnement. Sans engagement.

Déjà abonné ? Connectez-vous

Lire l’article en entier