À l'occasion du lancement de la nouvelle saison de Scènes de ménages ce lundi 24 août 2026 sur M6, Gérard Hernandez reprend du service dans le rôle de Raymond. Le comédien de 93 ans s'est livré en toute sincérité au micro de Télé-Loisirs.
Comédie incontournable, Scènes de ménages revient ce lundi 24 août 2026 sur M6 avec une saison inédite pleine de nouveautés. Tandis que Léo et Leslie parcourent la campagne française en van et que Liliane et José refont leur appartement du sol au plafond, Raymond, lui, voit débarquer son fils, né de son union avec Huguette, incarnée par la regrettée Marion Game, et auquel Bruno Solo prête ses traits.
Cela fait désormais dix-sept ans que Gérard Hernandez incarne Raymond dans Scènes de ménages, une série à laquelle il ne croyait pourtant pas du tout lorsqu'il a accepté le rôle. S'il n'imaginait pas Raymond sans Huguette, le retraité grincheux est toujours bien présent dans la série avec des sketchs désopilants. À l'occasion de la diffusion de cette saison inédite, nous avons rencontré l'acteur de 93 ans. Confidences.
"Il a réveillé une haine !" : L'arrivée explosive de Bruno Solo dans le rôle du fils de Raymond
Cette saison, le fils de Raymond débarque, sous les traits de Bruno Solo. Comment s'est passée cette collaboration avec lui ?
Très bien parce que je l'aimais déjà depuis longtemps. J'ai vu tous ses films. Tout s'est très bien passé. Bruno apporte une sorte de punch, car il est très speed et c'est super. J'aime ça. Les deux fois où j'ai tourné avec lui, ça s'est passé à merveille !
De toute façon, si ce n'est pas sympa, j'arrête. Je n'attends plus rien de ce métier. Ce qui reste, c'est la joie. Avec tous les emmerdements que j'ai eus, je dois dire que le tournage de Scènes de ménages est ma petite bulle d'oxygène. Ça m'est nécessaire, ce n'est même plus une question financière, c'est une question de survie.
Chantal Ladesou, qui joue Nadine, le flirt de Raymond, est encore là…
J'ai vraiment apprécié l'arrivée de Chantal Ladesou dans la série. C'est quelqu'un de formidable. Au-delà de la comédienne, c'est une femme d'une grande bonté. C'était une surprise, car je ne la connaissais pas. Je n'avais pas suivi sa carrière, et ça a été une découverte. Elle m'a fait tellement rire sur le plateau !
Dans l'un des sketchs, on vous aperçoit comme serveur… Mais que fait Raymond dans l'arrière-cuisine d'un restaurant ?
On a ouvert un restaurant un peu brûlé, on n'a pas tout à fait le droit de faire ça ! [Il rit]. Mais le chef (Axel Huet) est charmant. On m'entend souvent dire : "Ils sont charmants, ils sont gentils", parce que les autres, je n'en veux pas, je les refuse.
Tous les acteurs qui sont dans Scènes de ménages sont des gens bien. Quand vous jouez au tennis, il vaut mieux jouer avec un partenaire qui renvoie bien la balle. Si, en plus, le champion en face est un homme adorable, comme Nadal par exemple — j'adore citer des noms —, c'est parfait.
L'arrivée de Bruno Solo est censée réveiller la fibre paternelle de Raymond…
En fait, il a réveillé une haine ! Je ne suis pas paternel du tout. Je ne l'ai pas été quand il était enfant, et encore moins maintenant qu'il est adulte. Mon rêve, c'est qu'il foute le camp. Je fais tout pour qu'il s'en aille. Ce sont des rapports assez bizarres, mais c'est drôle.
Je me dis qu'on peut parler de tout à condition que ce soit drôle, cela désamorce la tristesse. Souvent, quand on parle de la mort, le vrai ressort comique, c'est une tragédie qui a mal tourné. Moi, le seul moment de ma vie où je suis content, c'est quand je tourne.
Et concernant le départ de son fils il y a 15 ans, va-t-on savoir ce qui s'est passé ?
Il est parti en Australie et il revient parce qu'il est parti avec tout le pognon de son père ! C'est un petit escroc. Je le déteste. C'est un voyou, un malin. Il dit vouloir faire un métier honnête, mais veut être agent immobilier. Drôle de choix !
Ces nouveaux sketchs, ça me donne l'impression de commencer. Ça fait dix-sept ans que je joue dans Scènes de ménages, mais j'ai encore l'impression de débuter.
Gérard Hernandez se confie sur sa passion du jeu
Est-ce le plaisir du jeu qui vous anime dans la vie ?
Il y a un truc formidable dans ce métier, c'est que quand vous entrez dans la peau d'un personnage, et celui de Raymond est tout mon opposé, ce n'est plus moi. Comme ce n'est plus moi, je n'ai plus de chagrins ni de douleurs.
Par exemple, je n'ai plus mal aux dents ! J'ai joué une pièce un jour avec une rage de dents terrible, mais dès que j'entrais en scène, je ne ressentais plus rien. C'est fou !
La série a une longévité incroyable. Amener du renouveau avec de nouveaux personnages, est-ce essentiel pour éviter la routine ?
Le fait de jouer avec des partenaires différents, avec d'autres caractères et d'autres façons de travailler, amène une nouvelle énergie. C'est le public qui en décidera, mais en ce qui me concerne, je trouve ça intéressant.
J'ai joué des pièces longtemps, comme Le Dîner de cons pendant trois ans, et il n'y avait que le public qui pouvait nous étonner chaque soir. Changer de partenaire comme ça sur la série, oui, ça amène du renouveau.
Vous apportez beaucoup de bonheur au public. Quel rapport entretenez-vous avec les téléspectateurs ?
Je ne sors plus beaucoup de chez moi, mais là où j'habite, les gens me connaissent et me saluent. Quand j'allais en province, l'accueil était d'une gentillesse et d'une chaleur incroyables.
On me dit souvent : "Mon bébé vous adore, dès qu'il entend le générique, il est content." C'est formidable. En réalité, on fait ça pour le public. Moi, je n'ai pas d'ego, je vous jure. J'ai l'impression de faire un métier où je suis tombé là par hasard, donc pour moi, tout ça, c'est du bonus.
Qu'est-ce que ce personnage vous a apporté au fil des années ?
De la grossièreté ! [Il rit]. Avant, j'avais un langage assez précieux. Maintenant, je dis des gros mots et ça ne me gêne plus du tout, même dans la vie ! C'est drôle, parce que Raymond est carrément l'opposé de ce que je suis dans la vie et j'adore ça.
Aimeriez-vous que le caractère de Raymond évolue ?
J'aimerais qu'à un moment donné, ce soit une victime, et qu'il en fasse des tonnes en disant : "Je suis malheureux." Avec Marion Game, c'était bien parce que, de temps en temps, elle me mouchait vraiment. J'aimerais bien qu'on me mouche un peu ! Mais les auteurs ont tellement de boulot…
Je ne pensais pas que la série allait durer aussi longtemps. Quand Alain Kappauf est venu me trouver et que j'ai vu la version espagnole, j'ai dit à ma femme : "Bon, je vais le faire, ça va nous permettre de vivre pendant deux mois, mais crois-moi, ça ne peut pas marcher, c'est trop vulgaire." Je me suis trompé, mais c'est tant mieux !
Avez-vous le temps de regarder la série chez vous ?
Depuis quelque temps, je ne dors que très peu, je me réveille vers 5 heures. Ça passe le matin, je tombe sur d'anciens sketchs et ça me fait rire. J'aimerais aussi qu'on mette un peu de politique dans la série, des petites piques, même si je sais que ce n'est pas trop la vocation de la série.
Après 17 ans, gardez-vous un souvenir ou une séquence particulièrement mémorable ?
Je suis obligé de parler de Marion. Tous les souvenirs… On a tellement tourné ensemble. Elle est toujours là !
Le sketch que j'adore, le plus efficace, c'est celui dans lequel Raymond lui dit : "Ta bouche !", "Ta gueule !". Au départ, je ne voulais pas le faire, je trouvais ça d'une vulgarité… Et puis c'est devenu un classique dont tout le monde me parle. Il n'y a pas de morale, juste deux phrases, et ça marche.
Avez-vous envie que l'aventure continue longtemps ?
Moi, je vais signer jusqu'en 2042 ! Mais je vais aménager les jours et les horaires [Il rit].
"Ça y est on y est" 😍
C'est la nouvelle saison de Scènes de Ménages 🥳#SDM, nouvelle saison inédite, dès ce soir à 20:40 sur M6 et en streaming sur @M6plusofficiel pic.twitter.com/pXF875htlk

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