Harry Styles a-t-il inauguré une nouvelle ère ? Deux semaines après la pop star britannique, c’est au tour de BTS de faire son grand retour scénique sur… Netflix. La plate-forme diffuse en direct de Séoul la « release party » du nouvel album du groupe emblématique de la K-pop, parmi les plus écoutés au monde.
Rien de petit chez les grands. Cette petite fête célébrant la sortie de l’album « Arirang » ― nom inspiré d’une chanson folklorique coréenne aux allures d’hymne national ― doit attirer quelque 260 000 fans dans le centre de la capitale sud-coréenne… Pour seulement 22 000 billets vendus.
Les membres de la Army ― les fans du groupe ― attendent ce retour, il est vrai, avec une immense impatience. C’est leur première apparition depuis trois ans, une éternité à l’échelle de la K-pop. Les sept membres de la formation ont disparu des radars médiatiques pour effectuer leur service militaire, une obligation dans un pays toujours inquiet d’une invasion de la Corée du Nord.
Hurlements et larmes
Le retour de BTS n’est pas qu’un événement dans leur pays. C’est un événement culturel planétaire. Leur album, sorti vendredi, s’est déjà vendu à près de quatre millions d’exemplaires dans le monde, selon leur label Big Hit Music. Et les 82 concerts de leur tournée mondiale, dans les stades de 34 villes ― dont deux Stade de France en juillet ―, se sont arrachés en quelques heures dans tous les pays visités.
À midi pile, Netflix lance le « Come back live ». Une cinquantaine de danseurs en noir apparaissent devant le palais royal de Gyeongbokgung, haut lieu de l’histoire et de la politique coréennes. Ils s’écartent, pour laisser place aux sept chanteurs, eux aussi vêtus de noir, qui sont accueillis par les hurlements et les larmes de leurs dizaines de milliers de fans, qui agitent frénétiquement leurs lightsticks ― bâtons lumineux ― officiels.
Devant le palais royal, un immense arc de triomphe trône sur la place Gwanghwamun, avec les trois cercles rouge et noir qui symbolisent le nouvel album de BTS. C’est au pied de ce carré monumental aux couleurs de l’arc-en-ciel que le groupe va donner son show, devant une avenue gigantesque couverte de monde à perte de vue. Mais l’organisation coréenne semble draconienne. Afin que la sécurité soit maximale et la vue correcte, les fans sont parqués par carrés devant des écrans géants.
« Salut Séoul, nous sommes de retour »
Mauvaise surprise. L’un des chanteurs et danseurs, RM, est blessé à la cheville et ne peut pas participer aux chorégraphies, qui sont un élément central de la K-pop. Le pauvre fait des efforts pour accompagner ses compères en boitant, mais il marche vraiment difficilement avec une attelle et doit s’asseoir régulièrement sur un tabouret. Ses compères viennent à tour de rôle le soutenir d’un geste ou d’un sourire.
« Salut Séoul, nous sommes de retour. » À plusieurs reprises, les sept membres du groupe prennent la parole. Malheureusement, leurs discours en coréen ne sont pas traduits en direct. C’est d’autant plus regrettable qu’ils s’expriment longuement et semblent se confesser, entre émotions et rires, après une si longue absence.
On a bien droit à quelques mots en anglais, mais sans intérêt. Du style « Je ne peux pas croire que nous soyons aussi nombreux » ou « ce fut un long voyage mais nous sommes finalement là ».
« Ce n’est que le début, nous vous aimons Army »
Le public français ne parlant pas le coréen doit se contenter des chansons. Pendant une heure, BTS va en interpréter douze, dont huit nouvelles extraites de « Arirang ». La première, « Body to Body », s’achève avec un ensemble de musique traditionnel coréen, soit huit musiciens assis et quatre chanteuses debout, devant le palais royal.
De cet album qui divise même les fans, ils chantent également « Hooligan » ― accompagné par une trentaine de danseurs ninja ―, « 2.0 », « Aliens », « FYA », « SWIM », « Like Animals » et « NORMAL ». De leurs anciens disques, ils ont évidemment choisi leurs plus gros tubes, « Butter », « Mic Drop », « Dynamite » et « Mikrokosmos ». Ils finissent leur concert avec ces deux titres et saluent leurs fidèles : « Ce n’est que le début, nous vous aimons Army. »
Pour comparer ce qui est comparable, on a largement préféré la « release party » d’Harry Styles dans une immense Arena de Manchester. Son show était beaucoup moins visuel et spectaculaire que celui de BTS, mais beaucoup plus musical et généreux. Les « Harries » ont eu droit à une heure et demie de spectacle, avec la totalité de son nouvel album et des nouvelles versions de ses classiques.




