Cette fois, alors qu’il entre au Panthéon du cyclisme, Tadej Pogacar a terminé le Tour avec le sourire. Ces dernières années, on l’a vu finir usé, parfois plus mentalement que physiquement. Et ce malgré la victoire finale au Tour de France.
Venu en conférence de presse avec Isaac Del Toro, son nouveau poulain, le Slovène a d’abord blagué pour perturber son dauphin sur ce Tour 2026, le Belge Remco Evenepoel.
Avant de remettre sa casquette de patron du peloton, sérieux, n’éludant pas les questions sur son état psychologique, les contrôles antidopage et son avenir.
Que représente ce cinquième Tour qui vous fait rejoindre les grands noms du cyclisme ?
TADEJ POGACAR. Pour l’instant, je veux simplement savourer le fait d’avoir gagné le Tour. Que ce soit une première victoire ou une cinquième, cela n’a pas d’importance. C’est incroyable de porter le maillot jaune et de franchir la ligne d’arrivée à Paris en tant que vainqueur. Je veux juste profiter de cet instant, sans penser à l’histoire, aux statistiques ou au club très fermé dont on parle. Je veux vivre ce moment, rentrer chez moi, me détendre et apprécier les petites choses de la vie.
Je suis très heureux et très fier de remporter un cinquième Tour. Mais chacun d’entre eux raconte une histoire différente, a une signification particulière et procure des émotions différentes. Chaque victoire me semble tout simplement incroyable.
Quel est votre programme après ce Tour de France ?
Je rentre demain à la maison en avion. Ensuite, j’ai quelques devoirs à faire. Puis vendredi soir, il y aura une course de critérium dans ma ville natale avec quelques invités spéciaux venus du Tour, de grands coureurs. Je les remercie tous d’avoir accepté de venir. Ensuite, j’espère pouvoir assister à quelques étapes du Tour de France Femmes afin de voir Urška (sa compagne) courir.
Vous sentez-vous suffisamment en forme pour participer à la Vuelta dans un mois ?
Si la Vuelta commençait demain, je dirais probablement non. Mais dans deux semaines, je pourrai encore prendre ma décision (rires).
Pendant le Tour, vous avez dit avoir été hué par une petite partie du public. Il y a aussi eu ce contrôle antidopage inhabituel en pleine nuit. Avez-vous le sentiment que certaines personnes doutent de vous en raison de votre domination ?
Non. À mon avis, le contrôle de Jonas (Vingegaard) à deux heures du matin était vraiment extrême. À cinq heures du matin (pour lui), c’est aussi un peu étrange, mais ce n’est pas le plus inhabituel.
Depuis que je participe au Tour, en 2020, nous avons régulièrement eu des contrôles très particuliers. Avant les étapes de montagne les plus importantes, il nous est arrivé plusieurs fois d’être contrôlés dans le bus une trentaine de minutes avant le départ. Cela me paraît encore plus étrange.
Mais ils font leur travail, et cela fait désormais partie de ma vie. Quand quelqu’un frappe à ma porte, la première chose qui me vient à l’esprit, c’est : contrôle antidopage. Pour moi, c’est devenu aussi banal que d’aller au supermarché. J’en ai eu tellement ces dernières années que c’est désormais une habitude.
Il y a un an, à la fin du Tour, vous aviez parlé du risque de burn-out. Cette année, vous semblez beaucoup plus heureux. Qu’est-ce qui a changé ?
Je n’ai jamais dit que j’étais en burn-out l’an dernier. J’ai simplement expliqué que j’étais conscient que cela pouvait arriver. Je le suis toujours aujourd’hui. Le burn-out, ce n’est pas simplement être triste un jour ou ne pas avoir envie de rouler de temps en temps. C’est une fatigue chronique. C’est ne plus prendre de plaisir à faire du vélo. Tout devient une obligation, un travail, et cela devient difficile.
Je sais que cela peut arriver si l’on pousse trop loin, trop longtemps. C’est aussi pour cela que je ne veux pas annoncer aujourd’hui, juste après le Tour, que je vais faire la Vuelta, puis telle ou telle course. Il faut réfléchir à tout cela et garder les pieds sur terre.
Avec Isaac Del Toro à vos côtés, une nouvelle génération semble arriver. Que pensez-vous d’elle ?
En réalité, Isaac et moi sommes de grands rivaux. Devant les caméras, on fait semblant d’être amis, mais sur le circuit, je le bats ! (rires)
Plus sérieusement, la nouvelle génération est vraiment très prometteuse. Je suis heureux d’avoir Isaac à mes côtés. Peut-être que je peux jouer un rôle de mentor et lui apprendre une ou deux choses, même s’il est déjà brillant. Il y a aussi beaucoup d’autres jeunes coureurs qui arrivent avec un niveau impressionnant. Je pense que l’avenir du cyclisme s’annonce très prometteur.




