Cette année, Peugeot fête les cent ans de son premier engagement aux 24 Heures du Mans. La marque au lion compte bien s’offrir un podium en guise de cadeau, dix-sept ans après sa dernière victoire.
Le centenaire de l’engagement au Mans d’une marque mythique. Peugeot a fêté les cent ans de sa première participation aux 24 Heures du Mans ce vendredi. À l’époque, l’épreuve s’appelait encore «Grand Prix d’Endurance de 24 Heures». Deux modèles 174S avaient pris la piste, bien loin de la technologie de pointe des 9X8 de 2026. Peugeot a participé à 44 éditions du double tour d’horloge manceau et en a remporté trois. La première victoire de la marque au Lion a au lieu le 21 juin 1992 avec la mythique 905. La voiture victorieuse, siglée du numéro 1, partait pourtant de la seconde place.
Mais son superbe trio de pilotes, composé du Français Yannick Dalmas (quatre victoires aux 24 Heures du Mans) ainsi que des Britanniques Mark Blundell et Derek Warwick, avait fait la différence. Tous trois ont eu une carrière plus ou moins longue en Formule 1 mais se sont véritablement illustrés dans la Sarthe. La 905 numéro 2 de Jean-Pierre Jabouille, Philippe Alliot et Mauro Baldi franchissait, elle, la ligne en deuxième position. Le début des années 1990 était assurément la période la plus faste pour Peugeot en endurance puisque le constructeur tricolore a récidivé en 1993, s’offrant même un triplé historique, toujours avec la 905, décidément très performante.
Cette année-là, l’exploit était retentissant pour le trio vainqueur puisque deux d’entre eux étaient novices au Mans, Christophe Bouchut et Éric Hélary. Ils accompagnaient Geoff Brabham, fils du triple champion du monde de F1 australien Jack Brabham. Le facteur X de cette épopée fantastique du constructeur français n’était sans doute même pas un pilote mais le directeur de l’équipe, Jean Todt. Après une carrière couronnée de succès en tant que copilote de rallye, le Français s’était illustré par ses qualités managériales et a mené d’une main de maître le projet de Peugeot en endurance, qui s’est retirée de la compétition après 1993. Todt fera ensuite le bonheur de Ferrari en Formule 1.
Une disette depuis 2009
Le troisième et dernier succès de Peugeot à ce jour au Mans est venu 16 ans plus tard, en 2009, à l’issue d’un duel épique avec Audi. Le Lion avait fait son retour en endurance deux ans plus tôt avec la volonté de contester l’hégémonie du constructeur allemand mais s’était heurté à l’efficacité, combinée à l’expérience, de la marque aux anneaux. La 908, digne héritière de la 905, avait signé la pole en 2007 et en 2008, preuve de sa vitesse indéniable, avant de finalement triompher l’année suivante, prenant le meilleur sur la nouvelle R15 TDI de son rival Audi avec son trio Marc Gené, Alexander Wurz et... David Brabham, frère de Geoff, vainqueur en 1993 avec Peugeot.
En 2009, la 77e édition des 24 Heures du Mans se déroulait les 13 et 14 juin, comme en 2026, faut-il y avoir un signe du destin ? Peugeot croise les doigts. La marque au Lion espérait renouer avec la victoire avec sa 9X8, engagée pour la première fois en 2023, mais elle n’a pas répondu aux attentes. Cette année, Peugeot peut croire à un podium mais cela semble être le plafond de l’équipe avec cette voiture, qui a quand même décroché la pole position des 6 Heures de Spa-Francorchamps le 8 mai dernier. Preuve que la 9X8 peut réaliser de grandes choses, même si la course s’était ensuite moins bien déroulée.
Une chose est sûre, pour les pilotes, «courir au Mans sur une voiture française, qui plus est pour le centenaire de la marque… Ça met un peu de pression», a déclaré le Français de 22 ans Théo Pourchaire. Le champion de Formule 2 en 2023 «aimerait tellement faire un beau résultat pour Peugeot et pour tous les fans qui vont nous suivre». Même son de cloche pour son compatriote et coéquipier de la voiture numéro 94, Loïc Duval : «C’est un véritable privilège (...) C’est la plus belle course au monde, la plus compliquée car c’est un challenge humain, technique et mécanique».
Peugeot en difficulté avec sa voiture ?
«Rouler sur le grand circuit des 24 Heures procure d’énormes sensations et chaque année, on attend ça avec impatience», s’est également réjoui le Français de 43 ans, vainqueur des 24 Heures du Mans en 2013 avec Audi. Il est désormais le pilote d’expérience de Peugeot, en compagnie de l’Anglais Paul Di Resta (59 Grands Prix de Formule 1), qui sera lui au volant de la voiture sœur, numéro 93.
En trois participations au Mans, la 9X8 n’a pas vraiment fait rêver les fans de la marque, ne faisant pas mieux qu’une lointaine huitième place en 2023, à 12 tours du vainqueur au sein d’un peloton dégarni, qui s’est largement renforcé depuis. La concurrence sera une nouvelle fois très rude pour l’équipe française puisque 16 autres «Hypercars» se battront pour la gloire ce week-end.
Ferrari, Toyota, Cadillac, BMW, Alpine, Aston Martin et même Genesis (la marque sportive de Hyundai) seront aux prises sur le mythique circuit sarthois. Le Cheval cabré vise une quatrième victoire consécutive et sera l’un des grands favoris. Peugeot avance sur la pointe des pieds, comme un outsider, qui peut rêver d’un podium si ses rivaux se prennent les pieds dans le tapis.
Un vainqueur impossible à prédire
Pour le moment, c’est plutôt Peugeot qui cale dès le départ puisque les deux 9X8 de la marque française ne pourront même pas se battre pour la pole position. Elles ont terminé au-delà de la 15e place (sur 18) lors des préqualifications qui se tenaient ce mercredi au Mans, une immense déception pour le clan tricolore. Les deux voitures auront 24 heures pour tenter de remonter la pente entre samedi et dimanche, en s’élançant depuis les 16e et 18e positions, entourant la Ferrari numéro 83, victorieuse l’an passé.
L’expérience du Lion au Mans pourrait faire la différence mais elle sera sans doute moins importante que la balance de performance définie par la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile). Cet équilibre de compétitivité entre les voitures vise à resserrer le niveau entre toutes les équipes, afin d’offrir le meilleur spectacle possible. Il est donc presque impossible de prédire le vainqueur de la 94e édition de la classique mancelle.
Même s’il n’y a pas de victoire ce dimanche à 16h, Peugeot sait comment faire plaisir à ses plus fervents supporters puisque la marque a prévu différentes animations à destination du public. Une 9X8 sera exposée dans la fan-zone du circuit, au même titre que le véhicule concept «Polygon». Une grande parade réunira également vingt modèles de course et de série du constructeur français «ayant marqué l’histoire du Lion pour célébrer le centenaire de sa première participation aux 24 Heures du Mans».

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