Coupe du monde : Infantino prêt à vendre une partie du Mondial à des investisseurs privés ?

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Par L. M.

Le 28 juillet 2026 à 18h29

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Gianni Infantino ne manque pas d’idée pour explorer le «potentiel commercial de la Fifa».

Gianni Infantino ne manque pas d’idée pour explorer le «potentiel commercial de la Fifa». Evan Vucci / REUTERS

Le Times révèle que le président de la Fifa envisagerait de privatiser une partie de la Coupe du monde. L’UEFA dit prendre cette information «très au sérieux».

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La dernière lubie de Gianni Infantino. Un peu plus d’une semaine après le dénouement d’une Coupe du monde 2026 avec son lot de controverses, le président de la Fifa continue de faire parler de lui. Et le dirigeant italo-suisse continue d’occuper le terrain du Mondial, au lendemain d’une lettre ouverte où il défend son bilan et pointe du doigt les critiques, en étant à l’origine d’un projet mercantile concernant l’avenir de la compétition.

Selon le Times, l’ancien secrétaire général de l’UEFA envisagerait de découper la Coupe du monde et d’en vendre des parts à des investisseurs privés. Le projet viserait à faire du Mondial une société commerciale, dont l’intéressé prendrait la tête tel un commissioner, comme Adam Silver en NBA ou Roger Goodell en NFL. Le tout après son dernier mandat à la tête de la Fifa, où il devrait être réélu sans opposant l’année prochaine. Un montage commercial qui pourrait lui permettre d’empocher des «dizaines de millions d’euros», assure le quotidien.

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Le respecté journal britannique ajoute que des discussions auraient déjà lieu en coulisses, impliquant notamment le financier Joshua Khusner, le frère de Jared Kushner, gendre du président Donald Trump, adossé à la banque d’affaires JP Morgan. Par ailleurs, chacune des 211 associations membres de la Fifa recevrait une action de cette future société commerciale (environ 20 millions de dollars), qu’elle pourrait ensuite conserver ou vendre à sa guise. Une manœuvre permettant au dirigeant de s’assurer que les États membres ne bloqueraient pas en l’état la création de cette société commerciale, qui sera de toute manière débattue par les pays membres.

La Fifa confirme des discussions

«La priorité est désormais de relâcher le potentiel commercial avec une telle opportunité pour la Fifa», avance ainsi l’instance après le succès du Mondial 2026 en Amérique du nord. «La Fifa surveille toujours de potentiels projets innovants qui peuvent booster le développement du football autour du monde», ajoute l’organisation internationale, qui demeure une organisation à but non lucratif selon ses statuts.

Ces informations ont toutefois été très modérément appréciées par l’UEFA, qui s’est fendu d’un communiqué relayé par le Times. «Ceci franchit une ligne rouge que les organisations gouvernantes du football ne devraient jamais franchir. L’UEFA prend ceci très au sérieux, comme devrait le faire chacune des associations nationales de football. Comme devrait le faire chaque partie prenante : ligues, clubs, joueurs, supporters et gouvernements qui s’intéressent à l’avenir du jeu.»

L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs à vendre

L’UEFA, auprès du Times

«L’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs à vendre, surtout sans aucune transparence sur qui pourrait en profiter financièrement, poursuit l’instance européenne. Aucun de nous n’est propriétaire du football. La Fifa n’a aucun droit de le vendre.»

À l’arrivée, une telle transaction, estimée à plusieurs centaines de millions de dollars, redessinerait inévitablement la Coupe du monde et son calendrier. Si le passage de 48 à 64 équipes paraît ainsi inévitable dans une logique commerciale, la perspective de voir la compétition revenir plus souvent dans les pays du Golfe, prêts à payer le prix fort pour accueillir le grand raout mondial, serait là aussi inévitable. Et le calendrier du football de clubs s’en retrouverait perturbé plus souvent. «Ce plan est potentiellement pire que la Superligue européenne», évoque ainsi une grande figure du foot auprès du Times.

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