Grand entretien. L'ancien commandant de la cinquième flotte de l'US Navy, basée à Bahreïn, pointe les réussites mais aussi les faiblesses de cette opération militaire de très grande envergure.
Publié le 21/03/2026 à 07:45
![epa03697291 United States 5th Fleet Combined Maritime Forces Commander, Vice Admiral John W. Miller, during a joint press conference with British Royal Navy Maritime Component Commander, Simon Ancona (not seen), at the headquarters of the US Navy 5th Fleet Command in the Bahraini capital of Manama, 12 May 2013. Miller said the coalition forces are carrying out mine countermeasure exercises in the Persian Gulf. EPA/MAZEN MAHDI (MaxPPP TagID: epaphotos855002.jpg) [Photo via MaxPPP]](https://www.lexpress.fr/resizer/v2/5TTPYCDQSBGDZLC2BQ3WKVLMMM.jpg?auth=b86f1750fda0f410c145a9bbe7e9ad1f60445bcb1a98f8f688807260190db824&width=1200&height=630&quality=85&focal=655%2C334)
Le vice-Amiral John W. Miller craint particulièrement le minage de la zone.
EPA
Il connaît les moindres recoins du détroit d'Ormuz. Pour avoir dirigé la cinquième flotte de l'US Navy, basée à Bahreïn, et avoir été le commandant des forces navales du Commandement central des Etats-Unis (NAVCENT), le vice-amiral John W. "Fozzie" Miller est un témoin privilégié de la bataille stratégique qui se joue au cœur de cet espace maritime qui relie le golfe Persique et le golfe d'Oman. Alors que la guerre fait rage - seize navires du régime de Téhéran auraient encore été frappés dans un port du Golfe selon les médias iraniens -, Donald Trump a laissé planer le doute sur l'envoi de soldats américains sur le terrain. "Je n'envoie de troupes nulle part. [Et] si c'était le cas, je ne vous le dirais certainement pas", a-t-il affirmé le 19 mars, dans le bureau Ovale, aux côtés de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi. En parallèle, le Pentagone aurait largué le 17 mars des munitions à pénétration profonde de plus de deux tonnes sur des sites iraniens fortifiés le long du littoral, servant notamment à abriter des missiles de croisière antinavires, selon le Wall Street Journal. Pour tenter de désamorcer la crise dans le détroit d'Ormuz qui a paralysé le transport de 20 % du pétrole mondial et provoqué une flambée des prix de l'énergie, plusieurs pays occidentaux, dont la France, ont proposé le 19 mars leur aide pour sécuriser la zone.
Pour L'Express, le vice-amiral John W. "Fozzie" Miller décrypte les ressorts de ce conflit naval à très haute intensité et esquisse les pistes d'une sortie de crise. Selon lui, "la destruction des équipements, combinée à l’affaiblissement des structures de commandement" en cours va mécaniquement réduire les possibilités pour Téhéran de "maintenir une stratégie de pression sur le détroit". Combien de temps cela peut-il prendre ? Les Américains vont-ils déployer des hommes sur les îles stratégiques dans la zone ? Ce haut gradé américain livre une évaluation très précise de la situation. Entretien.
L’Express : La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se disent "prêts à contribuer" à sécuriser le détroit d'Ormuz. Que peuvent-ils apporter que les Américains n’ont pas déjà ?
Vice-amiral John W. Miller : Nos partenaires peuvent apporter une contribution significative. La France dispose d’une marine hautement professionnelle et dotée de capacités importantes, notamment grâce à son porte-avions et à ses navires de surface performants, capables de mener des missions d’escorte et de présence. La France et le Royaume-Uni, mais plus particulièrement la marine française, possèdent également des capacités de déminage qui pourraient s’avérer essentielles si la situation l’exigeait. Leur apport ne résiderait pas tant dans des capacités fondamentalement différentes de celles des Etats-Unis, mais dans le renforcement des moyens existants, grâce à des effectifs supplémentaires et à un nombre accru de navires.

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