Par Julie Armand
Publié le 25/08/2026 à 15h20
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Le rappeur américain affirme utiliser l’intelligence artificielle comme un « outil de création » et refuse d’y voir une menace pour les artistes.
Passer la publicité Passer la publicitéL’ancien membre de NWA, reconnaît avoir recours à l’intelligence artificielle pour produire sa musique. Dans un entretien accordé au New York Times, aux côtés de son ami de longue date Jimmy Lovine, Andre Romelle Young (dit Dr Dre) affirme, considérer cette nouvelle technologie comme un outil au service de la création. « Je ne vois pas cela comme une menace » admet-il. Estimant que « les seuls à y voir une menace sont ceux qui ont du mal à créer ».
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Une situation comparable à l’arrivée des synthétiseurs ?
Pour le rappeur et producteur, l’intelligence artificielle ne devrait pas être vue comme un concurrent. En guise d’argument, l’artiste a établi un parallèle avec de précédentes révolutions technologiques ayant transformé la production musicale.
J’ai eu une discussion avec quelques personnes il y a quelques jours. Elles étaient opposées à l’IA, et je leur ai dit : “D’accord, vous êtes le genre de personnes qui se seraient opposées à la boîte à rythmes lorsqu’elle est apparue.” Ou aux synthétiseurs, non ?
Dr DreSelon le cofondateur du label Death Row Record, l’IA s’inscrirait dans la continuité de ces outils, qui ont eux aussi, suscité des craintes avant de devenir des instruments ordinaires de création. « C’est un nouvel outil pour la créativité », affirme-t-il, tout en reconnaissant que certains peuvent avoir « peur d’apprendre de nouvelles choses » . Pour sa part, Dre se dit prêt à accueillir cette avancée « à bras ouverts », impatient « de voir ce qui va se passer ». Toutefois, le producteur précise ne pas «déléguer» entièrement la conception de ses morceaux : « Je l’utilise comme un outil pour voir ce qu’il pourrait faire à partir de ce que je viens de créer ».
Une nuance essentielle à l’heure où l’expression « musique généré par IA » recouvre de multiples pratiques que ce soient pour la création intégrale d’un titre, la génération d’instrumentales, la transformation de voix ou la simple assistance à la composition. Pour Dre, l’enjeu semble précisément résider dans l’usage que le créateur fait de l’outil. Jimmy Lovine, cofondateur d’Interscope Records et ancien président du label Interscope-Geffen A&M Records va même plus loin que son ami, en estimant qu’une partie de l’industrie expérimente déjà discrètement ces technologies comme l’artiste Timbaland.
Il y a beaucoup de producteurs qui utilisent l’IA en secret.
Jimmy LovineL’optimisme de Dr Dre se heurte toutefois à une nouvelle réalité. L’intelligence artificielle ne se contente plus d’entrer dans les studios, elle se déverse désormais sur les plateformes. Le 21 juillet Deezer annonçait qu’en juin près de 90 000 morceaux entièrement générés par IA étaient envoyés chaque jour sur son service.
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Le service de streaming a détecté plus de 13,4 millions de morceaux générés par IA en 2025. Le défi, désormais, est de savoir comment distinguer les créations humaines des œuvres générées par IA et comment en informer le public. Apple Music prévoit ainsi des labels « Made With AI » , tandis que Spotify travaille sur son système « AI Personas ». Un copyright millésimé IA serait donc la solution de ce problème inédit.
Faut-il interdire, limiter ou simplement signaler ? Pour Dr Dre, qui se veut avant tout pragmatique, mieux vaut apprendre à manier ce nouvel instrument que prétendre qu’il n’existe pas. Reste à savoir si cette philosophie peut s’appliquer à une industrie ou la machine produit désormais des dizaines de milliers de morceaux par jour.

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