Eaux secrètes. Œuvres choisies. Marie NDiaye, déroutante enchanteresse

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Par , de l’Académie française, pour Le Figaro Littéraire

Le 19 mars 2026 à 17h00

Marie NDiaye enfant.

Marie NDiaye enfant. Coll Privee MNDiaye Photo Hannah Assouline

CRITIQUE - Six livres de l’auteur de Trois femmes puissantes et de Rosie Carpe sont réunis en un volume traversé par les thèmes de l’étrangeté, du mystère et de l’ambiguïté.

Depuis La Femme changée en bûche, j’ai toujours été subjugué par les romans de Marie NDiaye. Surpris, arraché à mes ornières, dérouté, enchanté. On a parfois rattaché l’œuvre de Marie NDiaye au réalisme magique, concept devenu fourre-tout consistant à tropicaliser le réalisme classique français. Certes, l’auteur se réclame d’un réalisme très concret, trivial et cruel avec des ruptures, des crises oniriques, des rapts dans le fantastique, des pulsions de surnaturel. Mais hors théorie. Le tort de l’université est de souvent référer les écrivains à un genre rassurant pour la pensée. Marie traverse les genres, les mêle selon son désir. Les écrivains ont des envies soudaines qui montent de leur inconscient, ainsi toutes les métamorphoses sont possibles. Un père est retranché dans un flamboyant. Un lourd fardeau démoniaque pèse sur sa descendance damnée. Comme dans le tableau de Füssli. Ou bien des rapaces, des buses féroces, assaillent la voiture d’un automobiliste lui-même en proie à la culpabilité…

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