Ce mardi 25 août 2026 à 21h10, Canal+ diffuse Eddington, un western politique réalisé par Ari Aster. Porté par une distribution prestigieuse réunissant Joaquin Phoenix, Pedro Pascal et Emma Stone, le film prend place au cœur de la pandémie de Covid-19, dans la ville d'Eddington au Nouveau-Mexique.
Sorti en 2025 et présenté en compétition officielle au Festival de Cannes, Eddington est le quatrième long-métrage d'Ari Aster. Il vient s'ajouter à ses précédentes réalisations telles que les films d'horreur Hérédité (2018) porté par Toni Collette, et Midsommar (2019) avec Florence Pugh, ainsi qu'à la comédie noire Beau Is Afraid (2023) avec Joaquin Phoenix.
Avec ce western contemporain et politique, le cinéaste s'attaque à un nouveau genre cinématographique. L'intrigue repose sur l'affrontement entre le shérif Joe Cross (Joaquin Phoenix) et le maire Ted Garcia (Pedro Pascal) dans la petite ville d'Eddington, au Nouveau-Mexique, sur fond de pandémie de Covid-19 en mai 2020. Le casting réunit également Emma Stone et Austin Butler.
Comment comprendre la fin du film Eddington ?
Après une fusillade apocalyptique, un épilogue situé un an plus tard montre que la vidéo de Brian abattant un assaillant est devenue virale sur TikTok, le hissant au rang d'icône de la droite américaine. De son côté, le shérif Joe Cross est devenu maire de la ville malgré ses crimes. Toutefois, gravement blessé, il se retrouve totalement paralysé, cloué dans un fauteuil roulant, muet et réduit au rôle de marionnette. C'est sa belle-mère Dawn (Deirdre O'Connell), complotiste acharnée, qui s'exprime en son nom et exploite son image pour gouverner.
Joe Cross a finalement obtenu tout ce qu'il convoitait, mais au prix de l'amour de sa vie. Louise l'a quitté pour Vernon, dont elle est désormais enceinte, et lui est condamné à vivre paralysé et privé de tout pouvoir de décision. La toute dernière image du long-métrage ne montre aucun personnage, mais s'attarde sur la vision menaçante d'un immense centre de données nouvellement achevé. "À la fin du film, il y a beaucoup de gagnants et de perdants, mais un seul vainqueur incontestable : le centre de données", précise le cinéaste dans le Time.
Si le dénouement reste ouvert à l'interprétation, Ari Aster explique que son œuvre raconte "l'histoire d'un groupe de personnes tentant de gérer une crise tandis qu'une autre se profile". D'après le réalisateur, l'essor de l'intelligence artificielle constitue cette autre crise qui "semble trop importante pour échouer" et suscite un "sentiment d'impuissance et d'angoisse", expliquant ainsi ce plan final centré sur le data center.
L’ambiguïté au cœur du récit du film Eddington
Ari Aster entretient volontairement le mystère sur l'identité des tireurs. Plus tôt dans le film, Joe Cross tue le maire Ted Garcia ainsi que son fils, puis tague les murs afin de faire accuser le mouvement antifasciste Antifa et de se couvrir.
Toutefois, la désignation des tireurs comme membres d’Antifa ne prouve pas qu’ils le soient réellement et c'est précisément ce doute que le réalisateur a souhaité cultiver : "Tout porte à croire que ces personnes sont des membres d'Antifa, que ce soit parce qu'ils sont envoyés par les Républicains pour faire croire qu'Antifa est dangereux, ou parce que vous pensez, selon vous, que George Soros les envoie."
Le cinéaste maintient cette ambiguïté jusqu'au bout, ajoutant : "Il me semblait important, et peut-être un peu malicieux, de laisser le spectateur se faire son propre avis." En confrontant deux visions opposées de l’Amérique, Ari Aster refuse le récit à charge et privilégie un regard aussi objectif que possible sur les tensions actuelles au sein de la société américaine.
Joaquin Phoenix incarne le shérif Joe Cross dans le film Eddington.
©Richard Foreman

il y a 1 month
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