Le 16 janvier 1941, Henri Matisse échappe à la mort « à un poil de chat angora près », écrira-t-il à son ami peintre Albert Marquet. À 71 ans, il subit d’urgence une opération intestinale à Lyon, et réchappe à une embolie pulmonaire postopératoire. Rétabli, il signe une lettre de remerciement à son chirurgien : « Votre Lazare, le ressuscité de la Tête d’or », quartier de la clinique.
L’artiste demande « trois ou quatre ans pour conclure » son œuvre. Il en obtient treize, souvent assis, allongé, mais en extase quasi permanente. À tombeau ouvert, c’est le cas de le dire : « J’avais tellement préparé ma sortie de la vie, écrit-il encore à Marquet, qu’il me semble être dans une seconde vie. » Matisse le Fauve avait des tripes. Son intestin ne le tuera pas. Il sort de sa cage à jamais.




