Finul au Liban : "Notre visibilité sur le terrain n’est plus la même qu’auparavant"

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Déployée au Liban depuis 1978, la Finul est chargée de surveiller la cessation des hostilités le long de la Ligne bleue et de soutenir la mise en œuvre de la résolution 1701 adoptée après la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah. Ce texte prévoit notamment le déploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays et constitue le cadre de référence des arrangements de sécurité le long de la frontière israélo-libanaise.

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Mais la force de maintien de la paix traverse aujourd’hui l’une des périodes les plus délicates de son histoire récente. Les restrictions de mouvement compliquent le travail des contingents déployés dans le sud du pays et limitent leur capacité à surveiller certaines zones.

Alors que le mandat de la Finul touche à sa fin le 31 décembre, les discussions sur l’avenir du dispositif onusien au Liban ont déjà commencé à New York, siège de l'ONU. France 24 a interrogé Kandice Ardiel, porte-parole de la mission.

Kandice Ardiel Kandice Ardiel, porte parole de la Finul. © AFP - KANDICE ARDIEL

France 24 : Des discussions sont-elles en cours sur l’avenir de la mission au-delà du 31 décembre 2026 ?

Kandice Ardiel : Le 1ᵉʳ juin, le secrétaire général des Nations unies a présenté au Conseil de sécurité plusieurs options concernant la mise en œuvre de la résolution 1701 après le départ de la Finul. Le Conseil de sécurité étudie actuellement ces options.

La Finul ne participe pas à ces discussions. D’ici à la fin de notre mandat, nous continuerons à travailler avec l’armée libanaise et à préparer toute éventuelle présence future des Nations unies afin de favoriser une transition réussie.

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La dégradation de la situation sécuritaire dans le sud du Liban a-t-elle affecté les opérations de la Finul ?

Les Casques bleus continuent d’exécuter le mandat de la Finul, mais nous avons dû adapter nos opérations à la nouvelle réalité sécuritaire sur le terrain. Des combats ont eu lieu à proximité de nos positions et des projectiles sont tombés près de nos bases, parfois même à l’intérieur de celles-ci, avec des conséquences tragiques.

Pour garantir la sécurité de nos personnels, nous ne menons plus les mêmes patrouilles de surveillance qu’auparavant. Nous restons davantage à proximité de nos bases. Notre liberté de mouvement a également été régulièrement restreinte ces derniers mois, ce qui nous oblige parfois à reporter ou réduire certaines patrouilles et opérations de ravitaillement.

Nous continuons à rendre compte de nos observations au Conseil de sécurité, mais notre visibilité sur le terrain n’est plus la même qu’auparavant.

Malgré ces difficultés, nous poursuivons notre rôle de liaison et de coordination entre les parties afin d’éviter les malentendus et d’encourager la désescalade.

Quels sont aujourd’hui les principaux défis auxquels vos personnels sont confrontés ?

Les Casques bleus de la Finul opèrent dans un environnement de plus en plus complexe et instable. Ils doivent faire face aux échanges de tirs, à la présence de munitions non explosées sur les itinéraires de patrouille et de ravitaillement, ainsi qu’aux restrictions qui limitent leur liberté de mouvement.

Malgré ces défis, ils continuent d’accomplir leur mission avec professionnalisme, dévouement et courage. La mort et les blessures subies récemment par sept Casques bleus rappellent les risques auxquels ils sont exposés. Nous rendons hommage à leur engagement et adressons nos plus sincères condoléances à leurs familles et à leurs pays.

Le rôle de la Finul le long de la Ligne bleue est souvent mal compris. Notre mission est d’observer, de rendre compte de la situation sur le terrain et de soutenir les autorités libanaises et israéliennes dans la mise en œuvre de la résolution 1701. Nous ne sommes pas chargés de l’appliquer nous-mêmes.

Nous ne pouvons intervenir directement dans le conflit que dans des circonstances très limitées. En revanche, nous pouvons contribuer à prévenir les malentendus entre les parties et aider à consolider la stabilité lorsqu’un cessez-le-feu est en place, objectif que nous continuons d’exhorter les parties à atteindre.

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