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A la Une de la presse, ce mercredi 10 juin, les affrontements, cette nuit, à Belfast, où des manifestations ont dégénéré après que des militants d'extrême droite ont appelé à manifester en réaction à une attaque au couteau, notamment sur X, le réseau social d’Elon Musk – qui s’apprête à devenir le premier billionnaire de l’histoire. La fortune, plus modeste, de Jared Kushner. Et la répression au Mozambique contre les opposants et les journalistes.
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A la Une de la presse britannique, les violents affrontements, cette nuit, à Belfast, en Irlande du Nord.
L’image spectaculaire d’un bus incendié et le récit sobre du Guardian: «Des manifestations contre l'immigration ont dégénéré après que des militants d'extrême droite ont appelé à manifester en réaction à une attaque au couteau, dont les images choquantes ont été diffusées dans une vidéo», publiée sur les réseaux sociaux. Ces images, largement relayées sur les réseaux sociaux sont également reprises, ce matin, par les tabloïds, dont The Sun, qui dit voir «le mal» dans les yeux de l’auteur de l’attaque - un réfugié soudanais arrivé en 2023 via Paris et Dublin, finalement désarmé par le «héros», Matt McKiernan. Face à ce déferlement de violence, The Independent reprend, lui, les appels au calme du chef de la police locale et de la Première ministre d’Irlande du Nord, Michelle O’Neill. «La violence n’est jamais la solution», plaide aussi le journal nord-irlandais The Irish News, tandis que Belfast Telegraph, autre quotidien d’Irlande du Nord, rapporte qu’Elon Musk, «l'homme le plus riche du monde a profité de l'horreur de (cette) attaque pour promouvoir son programme anti-immigration», en diffusant largement, via son réseau social X, la vidéo de l’agression.
Elon Musk, dont l’entrée en bourse de sa société Space X, prévue vendredi pourrait en faire le premier billionnaire de l’histoire. The Guardian s’inquiète de voir son influence politique décuplée: «Devenir le premier billionnaire au monde ne fera qu'amplifier (son) sentiment d'impunité et nous rapprochera encore un peu plus d’un système oligarchique complet», prévient le journal. Inquiétude aussi du New York Times, qui estime le «futur statut de billionnaire» d’Elon Musk «montre en temps réel… pourquoi la concentration des richesses a connu une telle accélération» ces dernières années. Le quotidien cite les chiffres vertigineux de l’économiste français Gabriel Zucman: 4500 milliards de dollars actuellement détenus par les milliardaires du monde entier il y a 15 ans, contre plus de 20 000 milliards aujourd’hui, 5 fois plus, soit près d'un cinquième du PIB mondial. «Une augmentation étonnamment rapide… qui reflète, selon le journal, des tendances planétaires: la domination croissante de quelques entreprises technologiques à la pointe du développement de l’intelligence artificielle, et la part de plus en plus réduite du gâteau économique revenant aux travailleurs».
Sa fortune à lui est estimée à «seulement» un milliard de dollars et a connu une nette augmentation depuis que son beau-père est à la Maison-Blanche: il s’agit de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Pour fêter ses 50 ans, Mother Jones, le magazine de gauche américain, détourne la pochette du mythique album de Nirvana, «Nevermind», «On s’en fout» - «On s’en fout de la corruption» - pour illustrer une enquête sur la façon dont le «fils à papa Jared Kushner (dont le père est l’actuel ambassadeur des Etats-Unis à Paris, NDLR), brade l’Amérique». Une plongée dans le drôle de «business» d’Affinity Partners, la société crée par Kushner fils en 2021, 6 mois après le départ de Trump de la Maison-Blanche, à grand renfort de milliards saoudiens, qataris et émiratis.
Dans la presse également, l’enquête de Forbidden Stories sur l’état de la liberté de la presse au Mozambique, où les journalistes et les opposants sont réduits au silence. D’après les journalistes, issus de 10 médias internationaux, dont France 24 et RFI, qui ont collaboré à cette enquête, plus de 400 opposants ont été victimes de violences, et 55 ont été tués, depuis les élections générales d’octobre 2024, lorsque la fraude généralisée a provoqué un soulèvement populaire.
La répression dans ce pays d’Afrique de l’Est, le cinquième pays le plus pauvre du monde malgré ses immenses richesses pétro-gazières, aux mains du Frelimo depuis 1975, prend aussi la forme d’un «black out» informationnel. Plusieurs journalistes ont payé leur engagement professionnel de leur vie. Joao Chamusse, réputé pour ses éditoriaux acerbes sur la corruption et la mauvaise gouvernance a été abattu chez lui en décembre 2023. Albino Sibia est mort un an plus tard, à 30 ans, en décembre 2024, sous les balles de policiers, alors qu’il couvrait une manifestation. Ibraimo Mbaruco, un journaliste actif au Cabo Delgado, une région où sévit l’Etat islamique, avait envoyé un message en avril 2020 disant qu’il était «encerclé par des soldats». Son corps n’a jamais été retrouvé. Celui d’Arlindo Chissale non plus. Ce journaliste et activiste engagé en politique, a disparu lui aussi sans laisser de trace dans la région du Cabo Delgado, où il a été vu pour la dernière fois en janvier 2025, alors qu’il était extrait sans ménagement d’un minibus par cinq hommes armés dont deux en uniforme de police. Arlindo Chissale avait été l’un des contacts des Observateurs de France 24 au Mozambique.
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