Un ingénieur de Google est accusé par la justice américaine d’avoir utilisé des informations confidentielles de la multinationale pour empocher plus d’un million de dollars sur le site de paris en ligne Polymarket, rapporte le ministère de la Justice américain dans un communiqué mercredi, après une enquête du FBI.
Michele Spagnuolo, 36 ans, de nationalité italienne et résident suisse, a été présenté devant un juge mercredi. Il est accusé d’avoir, via le compte « AlphaRaccoon », utilisé des informations d’une base de données confidentielles de l’entreprise, à laquelle il avait accès, pour faire ses paris.
« Kendrick Lamar, personnalité la plus recherchée en 2025 »
Le profil AlphaRaccoon apparaît sur Polymarket en mai 2024. Sur cette plate-forme, les utilisateurs peuvent parier sur des événements futurs en déposant des cryptomonnaies. Et « peu après avoir accédé aux informations internes de Google, Spagnuolo a utilisé le compte AlphaRaccoon pour effectuer des transactions sur différents marchés de Polymarket », écrit le ministère, donnant quelques exemples.
D’après l’accusation, Google a divulgué le 15 octobre 2025 dans sa base de données confidentielles que le chanteur Kendrick Lamar était la personnalité la plus recherchée en 2025. Dès le lendemain, le compte AlphaRaccoon « a misé environ 403 dollars sur le OUI à la question : Kendrick Lamar sera-t-il la personnalité la plus recherchée sur Google cette année ? », détaille l’acte de justice.
2,75 millions de dollars misés
Le ministère de la Justice estime que Michele Spagnuolo a misé entre le 15 octobre et début décembre 2,75 millions de dollars (2,36 millions d’euros) « sur des marchés liés aux informations internes de Google ». Et selon eux, le compte AlphaRaccoon « a généré un profit d’environ 1,2 million de dollars (1 million d’euros) grâce à l’utilisation d’informations privilégiées » sur Polymarket. L’ingénieur se transférait ensuite l’argent via des portefeuilles de cryptomonnaie.
Il est poursuivi pour « infraction à la loi sur les échanges de marchandises, passible d’une peine maximale de 10 ans de prison », pour « fraude par voie électronique, passible d’une peine maximale de 20 ans de prison » ainsi que pour « blanchiment d’argent, passible d’une peine maximale de 20 ans de prison ».




