« Incroyable de vivre cette expérience » : Joao Fonseca, l’acte de naissance d’un crack à Roland-Garros

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Ses yeux d’enfant, après avoir claqué l’ace qui mettait Novak Djokovic à la porte, trahissent son jeune âge. Mais pendant près de cinq heures de jeu, Joao Fonseca a joué comme un vétéran, un champion sûr de ses forces et de son talent. À 19 ans, le Brésilien a réalisé le plus grand exploit de sa jeune carrière en éliminant le Serbe au 3e tour de Roland-Garros. Mené deux sets à zéro, il est revenu de l’enfer pour épuiser l’ancien n°1 mondial et filer en huitièmes de finale.

L’exploit est immense. Baladé pendant les deux premières manches, parfaitement maîtrisé par un Novak Djokovic qui récitait sa partition pour éviter de passer trop de temps sur les courts à 39 ans, le 30e mondial a retourné le match grâce à sa puissance, libérant son coup droit qui atteint des vitesses improbables. « Chaque fois qu’il y a eu un moment décisif, il a été impressionnant, il a été cherché les points. Tous ses coups droits, il frappait très fort, il jouait à un rythme incroyable », soulignait le Serbe, beau joueur.

S’il est un grand fan de Roger Federer, Joao Fonseca a malgré tout apprécié les compliments de l’un des plus grands de l’histoire. « C’était un match incroyable. Partager le court avec lui était une expérience incroyable. À la fin du match, il m’a dit félicitations en portugais et m’a dit que je devais continuer comme ça. C’était incroyable de vivre cette expérience. »

« Dans le 5e set, j’étais cuit »

Le Brésilien a toutefois dû se battre pour aller chercher sa victoire. Comme au 2e tour face à Dino Prizmic, il a remonté un déficit de deux sets pour s’imposer et disputer son premier 8e de finale en Grand Chelem. « C’était très dur de jouer contre lui dans cette chaleur, il me détruisait en début de match, souligne-t-il. Si je frappais fort, ça revenait plus fort et si je jouais haut, il était agressif. J’ai essayé de rester concentré, de jouer point par point, sans penser que j’avais besoin de trois sets pour gagner. »

Avec 20 ans de différence, la dimension physique a inévitablement joué un rôle crucial. Au fil des jeux, Novak Djokovic a logiquement baissé de régime, finissant complètement épuisé. « Je me suis rendu compte qu’il commençait à être fatigué, ça m’a donné un peu plus d’espoir, reconnaît-il. Dans le 5e set, j’étais cuit, je n’arrivais même plus à réfléchir, j’ai juste essayé de tout donner. Mais j’ai commencé à y croire en gagnant le 3e set. »

À 19 ans, il va désormais découvrir la deuxième semaine d’un Grand Chelem, à l’instar de Rafael Jodar, qualifié quelques heures plus tôt. Et même s’il a largement ouvert un tableau déjà éventré en éliminant Novak Djokovic, toujours en quête de son 25e Grand Chelem, il ne pense pas à la suite. « Pour le moment, je veux juste profiter de l’instant, sourit-il, les joues encore rougies par le combat. Je n’ai commencé à réaliser que dix minutes après le match à quel point c’était difficile et à quel point c’est un accomplissement incroyable. Mais je ne suis qu’au 4e tour. »

S’il veut juste « célébrer et dormir » désormais, Joao Fonseca va inévitablement avoir des ambitions plus élevées, surtout avec ses centaines de supporters déjantés. Après Carlos Alcaraz, forfait pour ce tournoi, Jannik Sinner, Taylor Fritz, Ben Shelton et Daniil Medvedev, une nouvelle star est tombée. Et dans ce Roland-Garros complètement dingue, le Brésilien pourrait bien être la bonne cote.

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