Par Le Figaro avec AFP
Le 11 juin 2026 à 08h56
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La chanteuse belge de 27 ans dévoile son deuxième disque ce vendredi, cinq ans après avoir marqué l’émission TF1 de son empreinte.
Quatre ans après ses premiers succès dont Et bam, la chanteuse belge Mentissa écorne, dans un nouvel album disponible vendredi, l'image lisse derrière laquelle elle s'abritait, pour mieux conter sa vulnérabilité et transformer ses introspections en chansons. De prime abord, le titre de l'opus, Enfants difficiles, ne collait pas avec le profil de Mentissa, sa révélation dans The Voice en 2021, son début de carrière comme sur des roulettes avec l'album La Vingtaine, un an plus tard.
« Je me suis vue grandir à vitesse accélérée : quand on est projeté sous les feux des projecteurs, on en apprend beaucoup sur nous », confie l'autrice-compositrice-interprète rencontrée par l'AFP dans les locaux de son label parisien (tôt Ou tard). Mentissa s'est lancée dans le grand bain avec l'impression de n'avoir rien à perdre. « C'est après que l'insouciance disparaît et laisse place à justement plus de réflexion, rembobine-t-elle. J'avais besoin de me rassurer tout le temps et qu'on me valide. » « Il faut que rien ne dépasse, que je sois irréprochable, parce que je me sens reconnaissante, privilégiée », pensait-elle alors, cherchant à « tout contrôler » et ainsi se préserver des dérapages ou du retour de bâton des réseaux sociaux.
« Une femme plus forte »
Puis le temps a fait son œuvre, Mentissa a appris à « déborder du cadre ». Désolée, titre présent sur ce nouvel album mais sorti en 2025, met à mal les injonctions de la société. Elle y avoue ses « maladresses », sa « paresse » mais aussi ses « ambitions » et une forme de « sagesse ». À 27 ans, l'artiste estime mieux se connaître : « Je me suis redécouverte comme étant une femme beaucoup plus forte que ce que je pensais », affirme-t-elle, sa quête passant par le pouvoir salvateur de la musique.
Mentissa - Et Bam (2021)
Avec 13 titres teintés de pop, dont une part belle aux ballades, Enfants difficiles évoque sans fard le lâcher-prise, les problèmes de famille, l'amour qu'il faut préserver. « J'ai été pendant quelques années cataloguée enfant difficile et c'était important d'appeler cet album comme ça : c'est aussi l'album de la libération », explique Mentissa, concédant avoir longtemps gommé ce « côté plus rebelle, plus désinvolte » de sa personnalité. « Il y a tellement d'injonctions de toute façon sur ce qu'une femme doit être, sur ce qu'une femme noire doit être », glisse-t-elle.
Pour se prouver sa capacité à mettre des mots sur son histoire, la chanteuse a co-écrit l'intégralité des paroles. Elle a su aussi s'entourer, au début du processus de création, de son ami Vianney - qui lui a déjà offert Et bam et Mamma Mia - puis d'artistes aux univers plus éloignés, comme son compatriote Noé Preszow. « Cet album finalement tourne autour de l'enfance, des traumas. Qu'est-ce que j'en garde et comment je transforme tout ce que j'ai vécu ? », analyse Mentissa, née en Flandre et qui a connu une enfance chaotique, marquée par l'absence d'un père biologique qu'elle n'a pas connu.
Proche de sa mère
Pour traverser cette tempête intérieure, elle s'est accrochée au pilier de sa vie, sa mère à qui elle dédie un titre, La fille de ma mère. « On s'aime de fou parce qu'on s'est battues l'une pour l'autre, mais juste le dire, c'est hyper difficile », relève Mentissa, dont la chanson a eu la « vertu incroyable » de déboucher sur une discussion mère-fille inédite.
Avec plus de 235 millions de streams, la sincérité de Mentissa a touché le public francophone, qui pourra la voir en festival puis à l'Olympia en novembre. Elle livre pour ses fans, mais aussi pour elle-même, cette petite fille qui se réfugiait dans les séries pour fuir la violence du monde des adultes, un antidote musical pour adoucir l'existence. « J'ai écrit l'album que j'aurais aimé pouvoir écouter à 12, 13 ans, qui m'aurait fait beaucoup de bien, qui m'aurait permis de m'accepter plus vite », livre-t-elle.

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