La relance d'un long processus : l'Union européenne (UE) a annoncé vendredi 12 juin qu'elle reprendrait formellement lundi les négociations avec l'Ukraine en vue de son adhésion, grâce à la levée du veto hongrois.
"Tous les États membres ont convenu d'ouvrir le premier 'cluster' de négociations d'adhésion avec l'Ukraine et la Moldavie", ont annoncé conjointement le président du Conseil de l'UE, Antonio Costa, et la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
"C'est une reconnaissance de la détermination, du courage et du travail acharné dont ont fait preuve les deux pays pour faire progresser les réformes, malgré d'immenses défis", ont déclaré les deux dirigeants, saluant "une étape majeure" en vue de l'élargissement du bloc.
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"Comme nous l'avons dit, l'Ukraine fait ce qui est nécessaire, et il est important que l'UE tienne également sa parole. L'ouverture du premier 'cluster' représente un soutien politique et moral significatif pour notre État et notre peuple", a réagi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, sur le réseau social X.
"La Moldavie est prête à ouvrir tous les chapitres de négociations. Nous avons fait le travail, et nous continuerons à mettre en œuvre des réformes", a salué de son côté la présidente moldave, Maia Sandu.
Six "clusters" à négocier pour adhérer au bloc européen
Ce premier groupe de sujets de négociations - un "cluster" en jargon bruxellois - portera sur les valeurs et les principes fondamentaux que les deux pays devront respecter, en vue d'intégrer un jour l'UE. Pour adhérer au bloc européen, les pays candidats doivent négocier en tout six "clusters" comprenant des dizaines de chapitres, afin que Bruxelles puisse s'assurer qu'ils aient bien assimilé l'"acquis communautaire". Autrement dit, qu'ils aient adopté et appliqué les très nombreuses règles et normes en vigueur dans l'UE, de l'environnement à l'agriculture en passant par le marché intérieur.
La Hongrie de Viktor Orban, hostile à cette adhésion, avait mis son veto à la poursuite du processus de discussions, pourtant entamé officiellement en 2024, dans la foulée de l'invasion de l'Ukraine par la Russie début 2022. La Moldavie n'était pas concernée par ce veto, mais les négociations d'adhésion avec Chisinau avaient été jointes à celles ouvertes avec Kiev. Le veto hongrois avait donc bloqué de facto les discussions avec la Moldavie.
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Ce blocage a été finalement levé après la lourde défaite électorale de Viktor Orban en avril, largement battu par son principal opposant, Peter Magyar, qui l'a remplacé comme premier ministre. Ce dernier s'était félicité début juin d'avoir obtenu un "accord historique" avec Kiev sur les droits de la minorité hongroise vivant en Ukraine, pomme de discorde depuis des années entre les deux pays.
Un long chemin pour parvenir à intégrer l'UE
"L'Ukraine s'étant engagée à mettre en œuvre cet accord historique (...), la Hongrie a consenti à l'ouverture du premier cluster de négociations", a souligné le nouveau dirigeant hongrois vendredi soir, dans une vidéo diffusée sur Facebook.
L'Ukraine fait cependant face à un long chemin pour parvenir à intégrer un jour l'UE. Si elle parvient à boucler avec succès les négociations, ce qui devrait prendre plusieurs années, son adhésion devra recueillir l'accord unanime des 27, et être ratifiée ensuite par chaque État membre, via un vote du parlement ou un référendum.
"L'ouverture des négociations sur un premier groupe de sujets n'est que la première étape d'un processus long et complexe", a d'ailleurs mis en garde Peter Magyar. Et de rappeler que dans le cas du Monténégro, petit pays des Balkans qui espère intégrer le bloc d'ici 2028, "le processus d'adhésion a commencé en 2012, et même s'ils ont fait depuis d'importants progrès, ils ne sont toujours pas dans l'UE".
Avec AFP




