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Par Bruno Corty, pour Le Figaro Littéraire
Le 11 juin 2026 à 10h00
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CRITIQUE - L’Américaine avait prouvé avec Fugues et Floride qu’elle maîtrisait le registre de la nouvelle. Au cœur de son troisième recueil, elle explore les zones d’ombre de la famille, de l’amour et de l’amitié.
Passer la publicitéSi l’on n’aime pas tous les romans que Lauren Groff a publiés depuis 2008 (Matrix, traduit en 2023, par exemple, nous est tombé littéralement des mains), on est en revanche totalement convaincu par ses recueils de nouvelles. Après Fugues (2009) et Floride (2019), l’Américaine récidive avec un volume réunissant neuf histoires d’inégales longueurs. La nouvelle qui donne son nom au recueil, La Bagarre, fait dix pages tandis qu’Un, deux, trois, soleil, avec ses 70 pages, s’apparente à une novella.
On prend chacune de ces histoires en cours de route. Le format ne permet pas, comme pour un roman, d’installer les choses. Il faut aller droit au but. Le lecteur est invité à pénétrer chez des inconnus qui, si l’écrivain a du talent, ne vont pas le rester longtemps. Qui a pu oublier, par exemple, la famille Glass des nouvelles de J. D. Salinger ? Ou le Nick Adams des nouvelles de Hemingway ? Ces auteurs phares sont des exceptions, nous dira-t-on. Et c’est juste. Néanmoins, il arrive que des…

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