Le film aborde un sujet technique (il parle de répression des fraudes, de déréférencement, de « code noir »), mais c’est un thriller haletant, qui maintient la tension du début à la fin. En salles ce mercredi, « La Guerre des prix » d’Anthony Déchaux met en scène Audrey (interprétée par Ana Girardot), fille d’agriculteurs et cheffe de rayon dans un hypermarché en province. Du jour au lendemain, la jeune femme est promue à la centrale d’achat de son enseigne.
Sa mission ? Faire baisser les prix des yaourts. En binôme avec un négociateur sans scrupules (Olivier Gourmet), elle découvre un univers impitoyable, guidé par le profit. De l’intérieur, elle va tenter de défendre la filière bio et locale. Ainsi que les intérêts de son frère, qui a repris l’exploitation familiale...
À travers le personnage d’Audrey, qui est issue du monde agricole et essaie de se faire une place dans celui de la grande distribution tout en le changeant, le long-métrage parvient à décrypter les liens entre ces deux univers. Et à plonger le spectateur dans les coulisses d’un système effrayant et captivant.
C’est en entendant parler de « sang » et de « requins-tueurs » au cours d’un séminaire qu’Anthony Déchaux a eu l’idée de réaliser un film sur ce sujet. L’acteur, qui a joué des seconds rôles dans « Sage-Femme », « Barbara » ou « Le Bureau des légendes », dispensait un petit cours de théâtre pendant la réunion annuelle des acheteurs d’une enseigne de grande distribution... Soit ceux qui sélectionnent les produits disposés dans les rayons des supermarchés et en fixent les prix avec les fournisseurs. Il a alors été frappé par la violence des discours autour des négociations, perçues comme des combats sans merci.
Pour son premier film, il a voulu raconter cet univers méconnu. Il livre une fiction documentée ultra-prenante.
LA NOTE DE LA REDACTION : 3,5/5
« La Guerre des prix », thriller français d’Anthony Dechaux. Avec Ana Girardot, Olivier Gourmet, Julien Frison... 1h36.




