La presse enthousiasmée par le « magistral » Les Rayons et les Ombres, sauf Libération qui y voit une « uchronie fasciste »

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Dans cette œuvre qualifiée de « virtuose » par Nice-Matin, Jean Dujardin incarne Jean Luchaire, un homme de presse ayant versé dans la collaboration, fusillé en 1946.

Dans cette œuvre qualifiée de « virtuose » par Nice-Matin, Jean Dujardin incarne Jean Luchaire, un homme de presse ayant versé dans la collaboration, fusillé en 1946. Capture d'écran YouTube / Gaumont

La critique salue la mise en scène de Xavier Giannoli dans ce film « qui a déjà la patine d’un classique », selon Le Figaro. Quelques voix s’interrogent sur « l’empathie » suscitée par le personnage de Jean Dujardin, un collaborateur.

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Xavier Giannoli n’a de cesse de filmer des illusions perdues. En l’occurrence, celles d’un journaliste qui par souci - puis prétexte - de pacifisme s’est fourvoyé dans la collaboration. Xavier Giannoli consacre à Jean Luchaire, fusillé en 1946, son neuvième long-métrage avec « une assurance et un brio peu courants », applaudit Le Figaro . Pour qui « Giannoli filme entre chien et loup, observe, s’interroge (...) Le film paraît sans date. Il a déjà la patine d’un classique. »

Un enthousiasme largement partagé. 20 Minutes  évoque une « œuvre passionnante qui lève le voile sur une période peu traitée » à l’écran. Le Point  s’est laissé « embarquer dans ce film fleuve qui tient du grand cinéma »Première  complète en décrivant un long-métrage « objectivement épatant ». « Virtuose, dense, vivant », reprend Nice-Matin . Son critique a apprécié que le spectateur soit mis « face à lui-même, à sa propre morale », face à la « frontière fine » entre le bien et le mal.

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Libération voit du « fascisme »

Trop fine ? La Voix du Nord  se pose la question. Si le quotidien lillois admire une « très haute tenue esthétique », qui se révèle dans « l’art du montage en flash-back » ou « le travail sur la lumière », il se demande si l’on reprochera à Xavier Giannoli de « susciter l’empathie » pour Jean Luchaire et sa fille, Corinne, comédienne disparue en 1950. Libération  lui répond par l’affirmative, au long d’une critique amphigourique, qui s’attaque à l’œuvre du cinéaste de 54 ans. Le quotidien ne l’a certes jamais appréciée.

Libération tombe à bras raccourcis sur le « confusionnisme glamour (sic) » du film, coupable à ses yeux de réhabiliter la figure de Jean Luchaire. Le critique dénonce un naufrage moral présenté comme une « tragédie » et non « le résultat de choix évitables et situés politiquement ». L’auteur, soupçonneux, affirme avoir vu une forme d’« uchronie fasciste ». De son côté Le Monde  estime que le réalisateur a évité cet écueil: «Il faut, d’un côté, montrer l’ignominie. Et de l’autre, selon le bon usage cinéphile, sinon sauver les personnages, du moins les rendre à leur humanité. Pas si facile quand on choisit de montrer des salauds. À cet égard, le cinéaste remporte sa mise.»

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Dans un entretien au FigaroXavier Giannoli affirme préférer « un cinéma qui met le spectateur face à ces mécanismes plutôt qu’un cinéma qui lui explique où est le Bien et où est le Mal ». Il ne montre en revanche aucune ambiguïté sur la trajectoire de Luchaire. « Il est très informé, entouré de gens qui lui renvoient son fourvoiement. Il n’a aucune excuse, c’est un journaliste parisien qui se trompe en pleine lumière », affirme le réalisateur qui a longuement interrogé l’historien Pascal Ory en amont du tournage.

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