Opinion. Portée par les réseaux sociaux, la quête de bien‑être et un déficit d’écoute médicale, ces pratiques prospèrent jusqu'aux universités. Elles exposent pourtant les patients à des dérives.
Publié le 20/03/2026 à 06:15

Alain Fischer est professeur émérite au Collège de France et cofondateur de l’Institut des maladies génétiques (Imagine).
Kate Copeland
"Médecines douces", "médecines complémentaires", "médecine intégrative" ou, pire, "médecines alternatives". Autant de dénominations avantageuses pour désigner des pratiques non conventionnelles ou pseudo-médecines. La liste est longue, de l’homéopathie à la naturopathie, en passant par l’étiopathie, la médecine anthroposophique, l’aromathérapie ou encore la réflexologie plantaire. Elles se caractérisent par le fait qu’aucune preuve scientifique de leurs bienfaits n’a été apportée, en dehors d’un effet placebo.
Pourtant, leurs pratiques se déploient. En cause : une publicité intense sur les réseaux sociaux, la demande d’un public parfois insatisfait d’une écoute insuffisante des médecins, ou encore une recherche incessante de bien-être. Des personnes en situation de vulnérabilité physique ou psychique en sont les proies.
Un marché de 350 milliards d'euros
Malgré le déremboursement de l’homéopathie intervenu en 2018, le marché des pseudo-médecines est florissant : en 2020, aux États-Unis, il dépassait les 400 milliards de dollars (350 milliards d'euros). Internet et sans doute les moteurs conversationnels d’intelligence artificielle facilitent grandement leur accès, sans parler des rayons santé des librairies, trop souvent encombrés d’ouvrages en vantant les mérites.

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