Le dilemme Bruel vu de Brest : annuler le concert ou pas ?

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Mardi, lors du conseil municipal de Brest (Finistère), ville passée de gauche à droite lors des dernières élections, les élus de tous les partis politiques représentés ont voté à une rare unanimité un voeu pour que soit déprogrammé le concert de Patrick Bruel prévu le 11 novembre prochain à l’Arena de Brest. Par la voix de Norah Belfadel, ajointe au maire chargée l’égalité femmes-hommes, les différents partis se sont rejoints sur un point : l’artiste, visé par neuf accusations de viols et d’agressions sexuelles devrait choisir de lui-même de ne pas se produire, du moins avant que la justice ne se soit prononcée.

Mais voilà, si le chanteur ne se décidait pas de son propre chef à annuler sa tournée en salles, comme il vient de le faire pour sa participation aux Enfoirés et aux festivals de l’été, comment faire pour annuler l’événement à Brest, alors que 3500 places se sont écoulées en seulement quelques heures ? Dans l’opposition municipale, Cécile Beaudouin, à la tête de Brest Insoumise (LFI) a rappelé que Brest Métropole est l’actionnaire de référence de la structure « Brest en vue », propriétaire de l’équipement Brest Arena. En somme, Brest Métropole pourrait décider de l’annulation du spectacle.

« Un refus de vente qui pourrait nous coûter des centaines de milliers d’euros »

« Je prendrai mes responsabilités le moment venu », a promis le maire et président de la métropole Stéphane Roudaut. Mais il est bien conscient que dans ce cas précis, une telle décision pourrait être assimilée à « un refus de vente », qui pourrait mener la métropole devant les tribunaux et coûter plusieurs centaines de milliers d’euros...

Un autre acteur, bien connu des Bretons, est directement mêlé à cette affaire qui ne semble pas devoir trouver de conclusion simple et rapide : il s’agit de Diogène Productions, une SAS qui gère l’accueil de tournées en Bretagne et dans le Grand-Ouest, la production de spectacles et un service billetterie local.

Ouvertement solidaire des victimes présumées, Diogène tient à mettre les choses au clair dans un communiqué : « Nous ne sommes aucunement producteurs de la tournée, mais uniquement prestataires locaux pour le compte de la société de production de l’artiste, nous n’avons aucune compétence en matière de maintien ou d’annulation du concert. Cette décision et cette responsabilité reviennent exclusivement au producteur de la tournée ».

« Moins de demandes de remboursement que d’acheteurs de billets qui souhaitent que le concert ait lieu »

« Patrick Bruel a sa propre boîte de production, nous précise Olivier Cauchon, directeur général de la SAS Diogène Productions, en charge de la programmation et des relations productions et salles. Lui est producteur de ses propres spectacles (hors festival), il loue lui-même les salles. Comme ils ne sont que trois ou quatre au bureau de production, il délèguent une partie de la production et de l’organisation logistique et technique, mais aussi la communication, à des structures locales comme la nôtre. Nous ne sommes finalement que prestataires de services ! »

Olivier Cauchon tient d’ailleurs à préciser que Diogène Productions « gère une centaine de dates comme celles-là par an », et qu’une possible annulation ne « met(trait) pas en péril (ses) équipes ». « Là où c’est compliqué, ajoute-t-il néanmoins, c’est pour les personnes qu’on emploie, les intermittents du spectacle qui ont besoin de bosser... et aussi pour les retombées économiques qu’engendre ce genre de concerts sur la ville, c’est certain. »

En attendant une éventuelle décision de l’artiste, Olivier Cauchon nous confirme qu’au niveau de la billetterie, « des personnes ont souhaité se faire rembourser » (ce qui n’est pas effectif). « Mais, ajoute-t-il, il y a moins de gens qui demandent à se faire rembourser que d’acheteurs de billets qui demandent que le concert ne soit pas annulé. »

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