Le Paris Animal Show au défi du bien-être animal

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Une jeune fille joue, à travers la cage, avec trois chats de race Main Coon, exposés au salon Paris Animal Show.

Une jeune fille joue, à travers la cage, avec trois chats de race Main Coon, exposés au salon Paris Animal Show. Emilie Staeger

REPORTAGE - Pendant trois jours, le parc des expositions a accueilli le Paris Animal Show. Si salon promeut le bien-être animal l’association Projet Animaux Zoopolis (PAZ) dénonce des conditions inadaptées à la sérénité des animaux exposés.

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Pendant trois jours, le hall 6 de la Porte de Versailles a accueilli le Paris Animal Show, présenté comme une grande vitrine de l’animal de compagnie. Entre stands de nourriture, d’accessoires, pôle bien-être (toilettage, ostéopathie) et grand ring d’animations canines, le salon a rassemblé professionnels et particuliers autour des chiens et chats. Si l’espace canin est uniquement dédié à des animations et démonstrations, l’espace félin, lui, comprenait également une partie exposition de plusieurs dizaines de races de chats.

Pour la direction, l’événement se veut avant tout « responsable », avec l’objectif de sensibiliser le public à une approche plus respectueuse du bien-être des animaux. « Cela fait 5 ans que j’ai décidé de ne pas vendre d’animaux », explique Florence de la Moureyre, directrice du salon, qui met en avant un dispositif de médiation autour du bien-être. Elle insiste aussi sur la mise en place de barrières d’un mètre entre le public et les chats, censées limiter les manipulations intempestives. Cette année, les organisateurs ont choisi une édition « Dog Friendly » qui permet aux visiteurs de venir accompagnés de leur chien pour tester des activités sur le thème du « bien-être ».

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L’organisation du salon s’inscrit dans le contexte de la loi portée en 2021 par Loïc Dombreval, ancien député (La République en marche et Horizons) et vétérinaire, qui renforce la lutte contre la maltraitance animale et encadre plus strictement la présentation et la vente d’animaux. Avant cette loi, les salons étaient autorisés à vendre des animaux. Ce texte vise ainsi, entre autres, à limiter les achats impulsifs.

Des chats « dans des boîtes transparentes toute la journée »

Sur place, l’association Projet Animaux Zoopolis (PAZ) remet pourtant en cause ces promesses. Elle dénonce la présence de chats « dans des boîtes transparentes toute la journée, avec très peu de liberté de mouvement, sans pouvoir se cacher pour être au calme et sollicités en permanence », ainsi que des chiens dans de « minuscules enclos », confrontés au bruit, aux odeurs et au flux continu de visiteurs. Pour la cofondatrice de l’association Amandine Sanvisens, ce dispositif du salon reste incompatible avec le bien-être animal, malgré le discours officiel d.

Dans l’allée de l’exposition féline, les barrières censées tenir le public à distance sont peu respectées : les visiteurs se penchent, glissent les doigts entre les barreaux, prennent les cages en photo de très près. La plupart des chats sont installés dans des box fermés, avec des ouvertures pour l’aération, mais certains se retrouvent dans des cages à barreaux où ils ne disposent d’aucun endroit pour se cacher. Le bruit de fond du hall, les annonces au micro et les allées et venues constantes créent une ambiance sonore continue, qui contraste avec l’idée d’un environnement apaisé pour les animaux.

Pierre Fabing, vétérinaire urgentiste au 3115, dresse un constat nuancé : « en général, les chiens sont plutôt habitués à ce type de salon tandis que les chats sont un peu plus stressés. » Selon lui, ce ne sont pas tant les visiteurs que la présence et les odeurs des chiens qui perturbent les félins, même si la séparation physique entre les espaces limite une partie des risques sanitaires, les cages à barreaux n’étant « pas idéales » de ce point de vue. Éleveuse et participante aux concours pour ses chats, Nora Tacheau estime qu’« exposer des chats dans un hall bruyant, sous le regard de milliers de visiteurs, reste contraire au respect du bien-être animal » et appelle à « réorganiser les concours, avec moins de public et moins de chats les uns avec les autres ».

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