« Les destructions ne sont plus la conséquence de la guerre, elles en deviennent l’objectif principal » : au Liban, le patrimoine en état de siège

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De la fumée s’échappe suite à une frappe israélienne à Tyr, Liban, le 9 juin

De la fumée s’échappe suite à une frappe israélienne à Tyr, Liban, le 9 juin Stringer / REUTERS

RÉCIT - Sites archéologiques, lieux de culte, villages ou monuments historiques ont été endommagés ou détruits par la guerre entre Israël et le Hezbollah. Pour les spécialistes, c’est aussi la mémoire des lieux et des communautés qui est menacée.

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Sur son écran, Joanna Farchakh-Bajjaly cherche des lieux qui n’existent plus. L’archéologue, présidente de Biladi, une association libanaise de sauvegarde du patrimoine, compare les dernières images satellite du Liban-Sud à des photographies d’archives fournies par ses habitants déplacés. Depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah, à l’automne 2023, les bombardements ont à ce point transformé le paysage du Sud-Liban qu’il est parfois devenu impossible de s’y repérer.

À défaut, elle téléphone à ceux qu’elle appelle des « érudits », ces vieux villageois, derniers témoins d’une région foudroyée, à qui elle demande par exemple quel « amas de gravats » correspond au sanctuaire romain qui, il y a trois mois encore, se dressait là. Mais même les anciens n’y parviennent pas. Alors ils fouillent leur portable, ouvrent d’anciens albums miraculeusement conservés, cherchent une photographie d’un mariage ou d’un repas familial pour attester qu’ici, dans cette vie d’avant la guerre…

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