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CRITIQUE - Les missives de Madame de Sévigné lues par Béatrice Agenin réveillent tout un peuple d’ombres : marquises, prédicateurs, cuisiniers suicidés, religieuses et roi.
Quand on ressort une vieille figure du placard, il est de bon ton de s’extasier : telle personnalité est « hyper actuelle », telle autre « résolument moderne ». Cela fait bien, dans certaines chroniques. Et l’on se gausse de nos anciens à l’aune du siècle nouveau. La belle farce ! Ainsi, quand on apprend, en sous-titre des « Lettres de Madame de Sévigné », lues en ce moment au Théâtre de Poche par Béatrice Agenin, que Marie de Rabutin-Chantal fut une « féministe baroque », on songe d’abord aux trémolos des comédiens accoutumés à chanter leurs gammes sur la tonalité moderne.
Mais ici, le terme « féministe » n’est pas de trop. Sébastien Lapaque, qui commente ces bijoux épistolaires entre les notes d’un clavecin, en use sans tort et sans reproche : la Sévigné existe par elle-même, n’a pas besoin du marchepied d’un homme. Au moins en cela est-elle, pour son temps, féministe. Veuve à vingt-cinq ans du marquis de Sévigné, elle décide de ne pas se remarier. Mère…

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