Lyhanna : la semaine noire où la justice a été sommée de rendre des comptes aux Français

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Manifestants à Paris, le 10 juin 2026.

Manifestants à Paris, le 10 juin 2026. Gonzalo Fuentes / REUTERS

RÉCIT - Après l’émotion suscitée par la mort de la fillette, la colère a pris le pas dans l’opinion publique, choquée par les multiples ratés de la chaîne judiciaire qui ont mené au drame. Jamais la défiance à l’égard des institutions n’a été aussi forte.

« Il n’y a pas de haine petite, disait Victor Hugo. La haine est toujours énorme. Une haine est toute la haine. » Celle contre la justice semble s’être immiscée dans le cœur des Français avec l’affaire Lyhanna. Cette fillette morte des mains d’un pédocriminel, passé tant de fois entre les mailles du filet.

Cette semaine, la justice s’est retrouvée en première ligne de la vindicte populaire et du brouhaha politique. Jamais une affaire judiciaire n’avait fait descendre dans la rue 160 000 personnes dans 200 villes de France. Devant les Palais de justice et jusqu’à la Chancellerie, aux cris de « Écoutez nos enfants », « mères en colère » ou « la honte ». Beaucoup de procureurs, ceux de Senlis, Compiègne ou Meaux par exemple, ont eu le courage d’aller au contact des manifestants, jusqu’à parfois tard dans la soirée, pour écouter et répondre. Le tribunal d’Amiens a, lui, lancé l’idée d’une réunion publique avec les citoyens. Une façon de rendre des comptes de manière pacifiée.

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