Ma chérie, de Marie NDiaye : un mot doux qui se transforme en violence

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CRITIQUE - Marie NDiaye écrit depuis le point de vue du mari violent et toxique, en reproduisant son soliloque et sa colère d’avoir été quitté. Cet homme ne cesse de dire : «ma chérie, ma chérie». Un court texte d’une intensité rare.

Ma chérie est un « petit » livre de 64 pages avec trois photographies de Denis Cointe. C’est court, mais dieu quelle intensité ! On connaît la puissance du verbe de Marie NDiaye, digne d’un Prix Nobel de littérature. Son œuvre parle pour elle, qui parle doucement. Écrivain, scénariste, dramaturge - sa pièce Papa doit manger figure au répertoire de la Comédie-Française. Dans Ma chérie, elle penche du côté du théâtre. Le texte est né de la collaboration avec la Compagnie Translation, à Bordeaux, Marie NDiaye en assurait la lecture.

Le dispositif narratif est ingénieux. La lauréate du Goncourt 2009 avec Trois femmes puissantes (déjà une antiphrase comme « ma chérie ») écrit depuis le point de vue du mari, en reproduisant son soliloque, ses pensées, sa colère. Ainsi, la violence de cet homme est comme révélée par lui-même. On suffoque à chaque fois qu’il lance du « ma chérie » comme il dirait « ma chose », « mon objet », lui interdisant d’être elle-même - la séparation…

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Le Figaro

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