Invité à suivre le tournage de Koh-Lanta, Les reliques du destin en mai 2025 aux Philippines, Télé-Loisirs a recueilli des informations auprès de la production sur la façon dont se déroulait la vie sur le camp des aventuriers. Là-bas, tout est fait pour respecter une équité parfaite.
Ils sont là, présents, discrets, presque invisibles. Mais sans eux, il est impossible de façonner une saison de Koh-Lanta. Eux, ce sont les journalistes dont le travail est de suivre les histoires des candidats au fil du tournage. En mai 2025, Télé-Loisirs est parti aux Philippines pour observer les coulisses de l'édition des Reliques du destin diffusée sur TF1. Avec, à la clé, de précieuses informations sur le rôle des équipes techniques et éditoriales vis-à-vis des concurrents.
La première règle est presque symbolique, mais elle dit beaucoup. Devant les aventuriers, la production ne mange pas et ne boit pas. Cela pourrait sembler évident, mais il n'est pas inutile de le rappeler. Par ailleurs, les rédactrices en chef ne prennent pas de notes sur le camp. L'enjeu : ne jamais rappeler aux candidats, affamés et épuisés, que d'autres, à quelques mètres, vivent différemment.
Pourquoi la production de Koh-Lanta vouvoie les candidats lors du tournage ?
Autre règle, plus surprenante encore : la production vouvoie systématiquement tous les candidats, quel que soit leur âge. "Il y a une distance bienveillante, dans le sens où on n'interfère pas dans leur jeu justement. On est juste là pour être témoin de ce qui se passe et recueillir leurs sentiments", témoigne Adèle L'Excellent, présente dans l'émission depuis 2015.
À ce propos, la production doit veiller à l'équité absolue. Dans un jeu où une somme d'argent de 100 000 euros est en jeu, la moindre apparence de favoritisme comme un regard plus appuyé ou un ton plus chaleureux avec l'un qu'avec l'autre, pourrait fausser la perception que les candidats ont de leur environnement. "On interfère de la même manière avec tout le monde", affirme Adèle L'Excellent.
Elle poursuit : "On a la même attitude avec chacun parce qu'on ne fait pas partie de leur aventure, on ne fait pas partie de leur jeu. Et eux ne doivent pas avoir l'impression qu'on a un favori. D'ailleurs, ce n'est pas le cas car en réalité, on se fiche de qui gagne".
Koh-Lanta : comment la production surveille les candidats sans qu'ils s'en rendent compte sur le camp
Mais la neutralité a ses limites. Car si la production ne s'immisce pas dans le jeu, elle garde un œil permanent sur la sécurité des aventuriers. "Avec la fatigue, des fois ils ne peuvent pas forcément avoir conscience de leur état. Donc on fait très attention à savoir où ils sont, à savoir s'ils ne se mettent pas en danger", décrit Adèle L'Excellent.
La faim est d'ailleurs l'un des facteurs de risque les plus fréquents. Elle pousse les aventuriers à des efforts inconsidérés dans un corps déjà à bout. "On est là pour les laisser faire et les accompagner. On ne peut jamais empêcher quelqu'un d'aller chercher de la nourriture mais on s'assure qu'ils ne présument pas de leur force", complète Solenne Razurel, autre rédactrice en chef de Koh-Lanta.
La production de Koh-Lanta suit-elle en temps réel la vie des candidats sur le camp ?
Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, la production ne dispose d'aucun flux vidéo en direct retransmis depuis le camp. Pas d'écrans de contrôle, pas de régie centralisée où défilent les images en temps réel. Ce qu'il se passe sur le camp reste sur le camp ! D'où l'importance capitale de la communication interne entre journalistes.
Car sur un tournage de Koh-Lanta, les émotions s'enchaînent à un rythme fou. "La vérité du matin n'est pas forcément la même une heure après ou l'après-midi pour un aventurier. Il y a tellement d'émotions que tout change très vite", nous confie Solenne Razurel. Pour pallier l'absence de retransmission en direct et compenser cette fragmentation du suivi, l'équipe s'impose un briefing quotidien.
Durant ce temps, chaque membre de l'équipe éditoriale met en commun ses informations afin de se relayer sur le camp par demi-journées. "Le journaliste du matin ne doit pas rater ce qui s'est passé l'après-midi, et celui de l'après-midi doit avoir le déroulé en tête pour le lendemain matin", décrit Adèle L'Excellent. Un dispositif artisanal mais qui a toujours fait ses preuves jusqu'à présent.

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