Notre critique de Projet dernière chance, une généreuse odyssée spatiale pleine de drôlerie

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Ryan Gosling dans Projet Dernière chance, le nouveau film du tandem Phil Lord et Christopher Miller (Tempête de boulettes géantes, La Grande aventure Lego).

Ryan Gosling dans Projet Dernière chance, le nouveau film du tandem Phil Lord et Christopher Miller (Tempête de boulettes géantes, La Grande aventure Lego). © Amazon MGM

CRITIQUE - Le tandem Phil Lord et Chris Miller signe un généreux opéra intergalactique en forme de «buddy movie» du 3e type.

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Barbu, chevelu, hirsute, amnésique et désorienté, un homme émerge difficilement d’un coma artificiel. Il met un certain temps avant de comprendre qu’il se trouve dans un immense vaisseau spatial qui se dirige vers le soleil.

Progressivement, sa mémoire lui revient. Le soleil se meurt. La terre se refroidit à vitesse Grand V. Il s’appelle Ryland Grace (Ryan Gosling). Il est professeur de sciences dans un lycée. Pas le plus docile ni le plus orthodoxe. Sa manière de pratiquer la recherche scientifique et ses idées peu conventionnelles l’ont cantonné hors de toute recherche fondamentale. Il ne s’en plaint pas. Pour vivre heureux, il vit caché.

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Pourtant, là dans cet immense engin intergalactique déserté par la moindre vie humaine, à mille milles de toute planète habitée, cet anti-héros plutôt débonnaire prend conscience d’une chose : sa mission consiste à résoudre l’énigme scientifique qui cause l’inexplicable extinction du soleil dévoré par une mystérieuse substance moléculaire.

Retour en arrière. Ryland Grace, prof maladroit a été repéré par une certaine Eva Stratt (Sandra Hüller, excellente) chargée de coordonner les derniers efforts de l’humanité pour sauver la planète. Par dévoilements successifs, et par surgissement de flash-back réguliers, le spectateur en apprend plus sur le rôle de Grace. Adapté du roman d’Andy Weir (Seul sur Mars) le film prend sa vitesse de croisière entre huis clos intimiste, quête vertigineuse et «buddy movie» du 3e type. Car oui, en cours de mission, le héros malgré lui va rencontrer un extraterrestre d’un genre nouveau qu’il va finir par baptiser Rocky (on notera l’amusante référence au petit Sojourner baptisé ainsi et qui explora la planète Mars en 1997).

La cohabitation entre Grace et Rocky prendra tour à tour différentes tournures. Comment apprivoiser et communiquer avec un être venu d’ailleurs qui a le même objectif que vous? Cette relation hors norme constitue presque le cœur du récit. L’amateur de science-fiction pourra identifier quelques références allant de Premier contact ( 2010) de Denis Villeneuve à Rencontre du 3e type (1977) de Spielberg en passant par Enemy Mine (1985) de Wolfgang Petersen.

Aux antipodes d’Alien

Aux commandes de cette odyssée spatiale aux antipodes d’Alien, on retrouve deux cinéastes d’animation, Phil Lord et Chris Miller. Ce tandem a déjà fait des étincelles dans les années 2010 avec Tempête de boulettes géantes, La Grande aventure Lego sans oublier le fait qu’ils ont lancé et développé la saga Spider-Man into the Spider-verse qui reste l’un des fleurons de l’animation super-héroïque.

Avec Projet Dernière chance (Project Hail Mary), ils signent un retour réussi dans la cour des grands. Grâce à l’implication sans précédent de l’acteur Ryan Gosling qui livre ici une performance inattendue, entre humour, décontraction et émotion, cette odyssée spatiale intelligente, généreuse et bienveillante explore une science-fiction humaniste à la croisée des chemins entre Interstellar, Sunshine, ou Ad Astra.

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Avec sa mise en scène solide, ses effets spéciaux impressionnants, sa créativité visuelle innovante, Projet dernière chance s’avère une célébration du questionnement scientifique qui impose une vision optimiste du futur, aux antipodes d’Alien. Même si le dernier acte de cet ample space opera s’étire un tantinet avec sa fin à triple détente, Phil Lord et Chris Miller impose une science-fiction profondément humaniste. D’aucun leur reprocheront sans doute un sérieux manque de cynisme...

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