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CRITIQUE - Le nouveau spectacle satirique de Léo Cohen-Paperman sur Nicolas Sarkozy et François Hollande laisse un goût d’inachevé.
Passer la publicité Passer la publicitéQui s’attend à voir un « stand-up » de Nicolas Sarkozy dans un Comedy Club ? Grimé, perruqué, en costume, épaules tremblantes à l’excès, l’acteur Clovis Fouin ne convainc pas d’emblée dans la peau de l’ex-président de la République. Provoque des rires par intermittence, échange avec le public mais chut. SarkHollande s’inscrit dans la série initiée par Léo Cohen-Paperman, également metteur en scène : Huit rois (Nos présidents), après La Vie et la mort de Jacques Chirac, roi des Français, Génération Mitterrand et Le Dîner chez les Français de Valéry Giscard d’Estaing. Cette dernière sera donnée au Théâtre de la Pépinière, à Paris, en septembre. Mais au regard des créations précédentes, ce nouvel opus écrit avec Julien Campani et Clovis Fouin laisse un goût d’inachevé, de trop peu ou de trop, trop.
Car comme le titre l’indique, il comprend deux parties. Il y en a trois pour finir, et la durée se ressent. Après le mari de Carla Bruni qui occupe le plateau du Théâtre 13 Bibliothèque tant bien que mal pendant environ trois quarts d’heure, place à François Hollande en clown, grosse bedaine, cravate et chaussures blanches. Évidemment chaque personnage égratigne l’autre. Sans subtilité. Il faut attendre la troisième partie pour être emporté. Campé par Valentin Boraud qui en fait des tonnes, s’époumone et vitupère inutilement, François Hollande se bat en vain contre Angela Merkel et l’augmentation des chiffres du chômage. Il émeut toutefois la salle quand il revient sur les attentats 13 novembre 2015.
Un monologue époustouflant
C’est seulement les dernières vingt minutes du spectacle qu’on touche à l’excellence et qu’on retrouve la signature de Léo Cohen-Paperman par ailleurs membre du Nouveau Théâtre Populaire. Ada Harb incarne Leïla Merabet, une citoyenne française éduquée et émancipée qui se demande pour quel président voter. Formée à l’École supérieure de comédiens par l’alternance (ESCA) et au Cours Florent, l’actrice franco-libanaise est perchée sur une estrade dissimulée par sa robe longue.
Droite comme un i, elle raconte son parcours, enfin celui de Leïla. Qui a grandi à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis, a loué un appartement à Paris, rencontré un jeune homme, en est tombée amoureuse et est devenue avocate. Sa mère ne cesse de lui réclamer « beaucoup d’enfants ». On est suspendu à ses lèvres. Son monologue est une performance époustouflante. À elle seule, Ada Harb mérite le déplacement. Les applaudissements crépitent.
« SarkHollande », au Théâtre 13 Bibliothèque (Paris 13e), jusqu’au 20 juin. Puis du 4 au 23 juillet au Théâtre du Train Bleu à Avignon (84). Et Le Tartuffe mis en scène par Léo Cohen-Paperman sera repris à la Scala Provence.

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