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CRITIQUE - Le réalisateur d’Alien met en scène un monde en proie à la violence après une épidémie. Une parabole de l’Amérique.
Passer la publicité Passer la publicitéIncendies, sécheresse, pénurie d’eau… La fin du monde a déjà commencé. À vrai dire, elle n’en finit pas de commencer et la fiction postapocalyptique est vieille comme le monde. Canicule, guerre ou épidémie, elle a de beaux jours devant elle.
The Dog Stars est l’adaptation de La Constellation du chien, un roman de Peter Heller, paru en 2012. L’intrigue se situe en 2035 et met en scène une poignée de survivants dans un monde ravagé par une grippe létale. Les premières images filmées par Ridley Scott réactivent une poétique des ruines déjà vue et revue, de Je suis une légende (le roman d’anticipation de Richard Matheson, porté plusieurs fois à l’écran) à The Last of Us (le jeu vidéo et la série). Denver (Colorado) symbolise la fin de la civilisation. Carcasses de voitures fumantes, gratte-ciel mangés par la végétation, restaurants McDonald’s délabrés… Hig (Jacob Elordi) et son chien, Jasper, survolent à bord d’un coucou la ville fantôme, livrée au pillage, avant de s’y poser pour faire le plein d’essence, de provisions et de médicaments.
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Une parabole de l’Amérique, passée et présente
Hig, mécanicien endeuillé par la perte de sa femme, emportée par le virus, survit dans un aérodrome abandonné avec un compagnon ronchon, Bangley (Josh Brolin), militaire survivaliste prompt à abattre du haut de son mirador n’importe quel intrus. Une « zone contrôlable » est sa définition du rêve américain. Comme tout bon western, The Dog Stars parle d’un territoire à défendre ou à conquérir. Hig, pilote à l’allure de lonesome cow-boy, casquette en guise de Stetson, quitte son camp de base moins en quête de nouveaux horizons que pour retrouver une communauté humaine digne de ce nom. Le voyage est à la fois spatial et temporel. La route se fait par les airs.
The Dog Stars a beau avoir été tourné en Italie, aussi bien dans les studios de Cinecittà que dans les montagnes des Dolomites, doublures parfaites des Rocheuses du Colorado, ce n’en est pas moins une parabole de l’Amérique, passée et présente. Celle des pionniers, de la conquête de l’Ouest, à travers le ranch de Pops (Guy Pearce) et sa fille, Cima (Margaret Qualley), niché dans une vallée habitée par un troupeau de bisons. Celle de Trump, à travers un pays fracturé et armé jusqu’aux dents où règne la loi du plus fort. Ou, de façon plus surprenante, à travers une colonie Maga dirigée par une hôtesse de l’air (Allison Janney) nostalgique d’une Amérique des Sixties reproduite sous cloche dans une version dégénérée.
Après Napoléon et Gladiator II, Ridley Scott met son bellicisme en sourdine. Le réalisateur des Duellistes, désormais octogénaire, devient sentimental. Les scènes d’action semblent d’ailleurs l’intéresser mollement. Les assauts des « cafards » - gang de Mexicains tatoués ou « Apaches » à cheval - sont presque filmés par-dessus la jambe. Et le manque de souplesse saute aux yeux. The Dog Stars est plus séduisant dans ses temps faibles, son Americana mélancolique, digne d’une chanson folk. Le monde d’après n’a pas tué la romance.
La note du Figaro : 3/4

il y a 1 month
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