CRITIQUE - Pendant trois heures quinze, Xavier Giannoli s’interroge sur la figure de Jean Luchaire, journaliste collabo incarné par Jean Dujardin. Un film coup de poing qui est déjà un classique.
Un crachat dans un lavabo. La première image est forte. Elle dit bien ce qu’elle veut dire. En route pour un voyage au cœur d’une maladie française. Il y a du sang et des humeurs. Avec Les Rayons et les Ombres, Xavier Giannoli s’attaque au destin du journaliste collabo Jean Luchaire, incarné par Jean Dujardin. L’affaire n’était pas mince. Le réalisateur s’en tire avec une assurance et un brio peu courants. Dans les années 1930, Luchaire était pacifiste. Avec son ami Otto Abetz (August Diehl), qui deviendra l’ambassadeur du Reich à Paris, leur slogan était : plus jamais ça. On a vu ce que cela a donné.
L’Europe s’enlise. Les patries s’effondrent. La guerre éclate. Luchaire, à la tête du quotidien Les Temps nouveaux, s’acoquine avec les Allemands. Sacrifier ses anciennes idées n’était pas pour lui un exploit insurmontable. Elles ne lui étaient pas si chères. La décadence a son charme, le reniement ses avantages. Les femmes faciles ne manquent pas. L’argent, certes, a une odeur. Il suffit…

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