Ajouter Le Figaro
à vos sources préférées
Le ministère mexicain de la Culture a réclamé en vain l’annulation d’une mise à l’encan, le 5 juin dernier, de 80 artefacts de l’ère précolombienne. L’État exige leur restitution.
Passer la publicité Passer la publicitéUn phénomène trop récurrent ? Vendredi 5 juin, la maison de vente américaine Artemis Fine Arts proposait aux enchères plus de 340 œuvres d’art à Louisville, dans le Colorado. Intitulée « Beaux-arts/Arts visuels, Art ancien, Art ethnographique », la mise à l’encan intégrait environ quatre-vingts artefacts archéologiques mexicains « pillés », selon l’Institut national d’anthropologie et d’histoire, l’agence fédérale mexicaine chargée de la protection du patrimoine culturel du pays, qui a signalé la vente aux autorités locales et réclamé son annulation.
L’institut excipe la loi fédérale mexicaine, qui interdit la mise à l’encan d’objets d’art appartenant au Mexique depuis 1827 et juge leur exportation illégale. Claudia Curiel de Icaza, secrétaire au ministère mexicain de la Culture, a rappelé que « la défense du patrimoine est un engagement permanent envers la mémoire et la souveraineté culturelle du Mexique » et qu’il n’était « absolument pas à vendre ». « Ces objets étant la propriété de la Nation, inaliénables et imprescriptibles, des actions ont été entreprises pour exiger la suspension de leur commercialisation et leur restitution à l’État mexicain », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.
Vente maintenue
Mais la tentative fut vaine. La maison Artemis indique sur son site que plusieurs œuvres de provenance mexicaine ont été vendues lors de la mise à l’encan. Un trio de figurines précolombiennes en terre cuite modelées à la main, issues de la fosse du Mexique occidental, a été adjugé pour 450 dollars. Un vase en céramique rouge, retrouvée lors de fouilles à Colima, est parti pour 580 dollars. Tandis qu’un masque de conquistador mexicain, appartenant à la tradition du « Baile de la Conquista », a été vendu plus de 1200 dollars. Pour assurer la vente sans accroc judiciaire, les propriétaires de Artemis ont opéré sous la législation américaine et en respectant le cadre de la Convention de l’Unesco de 1970, qui autorise la vente d’objets d’arts si leur provenance est clairement identifiée.
Ce n’est pas la première fois que la maison de vente américaine attire l’attention du gouvernement mexicain. Le couple de propriétaires, Bob et Teresa Dodge, a déjà refusé en 2024 et 2025 de restituer des objets ou de suspendre des mises à l’encan sous prétexte que « le Mexique n’existait pas » à l’époque où les œuvres précolombiennes ont été réalisées. Le ministère mexicain de la Culture a toutefois réussi à récupérer environ 16 500 artefacts dans le monde grâce à des efforts diplomatiques aux États-Unis et en Europe. Il a également lancé une campagne de restitution baptisée « Mi Patrimonio No Se Vende » (Mon patrimoine n’est pas à vendre).

il y a 2 day
2



