« On est tous dévastés. » Comme le journaliste de Ligue 1 + Smail Bouabdellah, son ancien coéquipier au Racing, c’est toute la famille du club Ciel et Blanc qui est en deuil. Ancien international sénégalais, Mallo Diallo est en effet décédé à l’âge de 46 ans des suites d’un cancer de l’estomac.
Meilleur buteur du National lors de la saison 2002-2003 sous les couleurs de Dijon, l’attaquant né à Kaolack (Sénégal) a connu la Ligue 2 en France (Amiens) et au Portugal (Penafiel). Mais c’est en région parisienne qu’il a marqué les esprits, notamment au Racing où il a effectué trois passages (1999-2002, 2007-2010 et 2012-2014) mais aussi à Sainte-Geneviève et Aubervilliers. Il a terminé sa carrière en 2016 à La Garenne-Colombes en DH (Régional 1) avec de nombreux anciens coéquipiers du Racing, sa deuxième famille.
« Il était tellement gentil et bon, j’ai perdu mon petit frère »
Formé au centre Aldo Gentina à Dakar (qui était à l’époque la couveuse de l’AS Monaco), Mallo Diallo était arrivé en France en 1999 sous les conseils de son oncle, l’ancien attaquant du PSG Saar Boubacar. C’est d’ailleurs avec la réserve parisienne à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) qu’il s’est d’abord entraîné. Mais il n’a pas pu y signer pour des raisons administratives et a été dirigé vers le Racing qui évoluait alors en National. Pendant plus d’une année, il était logé dans une chambre d’un hôtel Campanile à Argenteuil.

« Je revenais d’Angleterre et j’étais à l’essai au Racing, il m’a accueilli et m’a dit : viens, moi je vais dormir par terre, car c’est toi le grand frère », se souvient son ancien coéquipier Kader Seydi, resté proche de lui. Devenu infirmier, il était l’un des rares à être au courant de son décès survenu le 1er mars. « Il ne voulait que personne ne soit au courant de sa maladie, explique l’ancien défenseur central. Il est parti dans l’anonymat, mais c’était son souhait. Il était tellement gentil et bon, j’ai perdu mon petit frère. Je vais avoir du mal à m’en remettre. »
Il allait être père pour la quatrième fois
Après avoir occupé plusieurs emplois, l’ancien attaquant s’occupait d’un immeuble à Poissy mais avait gardé un pied dans le football. Il était en effet responsable de la catégorie U8-U9 au club de l’ASM Chambourcy. Déjà père de trois enfants, il devait l’être pour la 4e fois. Son épouse était enceinte de cinq mois. « Mais il ne connaîtra jamais son père », a-t-il murmuré avant de partir. Il a été enterré à Dakar près de sa famille.
Ce n’est qu’en ce début de semaine que la nouvelle de son décès s’est propagée dans ses anciens clubs. Elle a provoqué une onde de choc. « C’est quelqu’un qui nous a marqués parce que c’était un super joueur, un super coéquipier et un super mec, lance Smail Bouabdellah. Un peu égoïstement, on aurait voulu l’accompagner et l’aider en tant qu’ami. Mais je crois que son départ, c’est à son image. Il était simple, humble et pudique. Il a voulu être discret, n’embêter personne, et que ceux qui ont joué avec ne soient pas au courant… C’était Mallo. Il a toujours été comme ça. Mais quand une super personne comme lui, avec qui on a tant partagé de choses, part comme ça, sans qu’on le sache, c’est encore plus dur… »

Le journaliste se souvient des années passées avec Mallo Diallo au Racing. « On a eu des prises de tête de tête de fou quand je jouais numéro 10 derrière lui, se souvient-il. Il me disait : toi Sma, tu es là pour faire les passes, et moi, je suis là pour marquer les buts. Si tu veux avoir des passes décisives dans des statistiques, donne-moi le ballon, ne le donne pas aux autres, et tu verras que tu auras tes passes décisives… Un jour, en DH, je lui lance : Mallo, on joue, appelle dans la profondeur. Il me répond : moi, c’est dans les pieds, je suis là pour marquer, pas pour faire de l’athlétisme… Et dix minutes après, je lui donne le ballon dans les pieds. Je crois que c’est la plus grosse frappe de l’intérieur du pied que je n’ai jamais vue de ma vie. Il tire, il marque et au lieu de fêter, quand je viens sur lui, il me lance : « Je t’ai dit petit, fais des passes, et moi, je marque les buts… C’était un super avant-centre et buteur ».
« Il ne voulait que le bien autour de lui »
Mehdi Merrouche était resté proche de Mallo Diallo, comme Yann Jaffard ou Julien Simoyes, d’autres anciens du Racing. Il comptabilise « 10 saisons à avoir joué avec lui ». « Il était profondément gentil, très bienveillant et ne voulait que le bien autour de lui. Il ne laissait personne indifférent. On ne peut qu’être attristé d’apprendre qu’il est parti dans ces conditions même si c’était sa volonté. »
Les deux joueurs ont fini leur carrière à la Garenne Colombes avec une montée en DH (R1). « Même avec des kilos en trop, il continuait à marquer beaucoup de buts, se souvient Merrouche. Il était un peu timide et très pudique dans la vie mais sur un terrain, il se transformait, il râlait beaucoup, car c’était un compétiteur qui voulait toujours gagner. Je me souviens d’un match de DH lors duquel son défenseur n’arrêtait pas de l’insulter. Il lui a dit, de sa voix toute molle, quand tu rentreras ce soir chez toi, tape mon nom sur Google, tu verras qui je suis… ».
« C’est avec une profonde tristesse que nous avons pris connaissance du décès de notre ancien joueur Mallo Diallo. Nous garderons en mémoire son talent exceptionnel de joueur, de buteur, de coéquipier, mais surtout d’homme bienveillant, toujours souriant », a écrit le club de La Garenne-Colombes sur Instagram. « Nous garderons de lui le souvenir d’une personne passionnée, dévouée et toujours bienveillante envers les joueurs. Son engagement, sa gentillesse, et son amour du football resteront gravés dans nos mémoires », ajoute l’ASM Chambourcy.
Le Parisien Aujourd’hui en France adresse ses profondes condoléances à la famille et aux proches de Mallo Diallo.



