« Personne ne peut le nier, il mérite d’être MVP » : Victor Wembanyama affole la NBA en marquant un panier décisif avec les Spurs

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C’est ce qui lui manquait encore pour prétendre au titre de MVP. Désormais, il est vraiment dans la course. Victor Wembanyama a réalisé la nuit dernière ce que les grands de NBA font régulièrement : il a donné la victoire à son équipe grâce à un panier décisif en toute fin de rencontre, face aux Phoenix Suns (102-101). Tout ça pour conclure une prestation majuscule (34 points, 12 rebonds, 3 interceptions, 1 contre).

Les Spurs étaient menés d’un point, après avoir couru derrière le score toute la partie. Il restait 11 secondes à jouer et Wemby a pris les choses en main, littéralement. Il s’est emparé du ballon et ne l’a plus lâché, sinon pour travailler au corps son adversaire et réussir un step-back loin d’être évident. « C’est drôle : les actions les meilleures sont parfois les plus simples », a souri l’entraîneur des Spurs Mitch Johnson.

« On avait dessiné cette action, a raconté Wembanyama. La clé est de ne pas rendre les choses trop compliquées. Et d’attendre pour ne pas offrir un dernier ballon d’attaque à l’adversaire. Attendre jusqu’à 1 ou 2 secondes de la fin, pour s’offrir la possibilité d’un rebond offensif en cas d’échec, mais pas de ballon de contre-attaque. C’est un tir que je travaille avec mes entraîneurs depuis 6 ans, ce n’est pas nouveau et on le répète tout au long de la saison. »

Wembanyama, comme Jokic, LeBron ou Curry

C’est surtout la première fois, depuis son arrivée en NBA, que le génial Français offre la victoire à son équipe sur un dernier panier, celui qui fait se lever les gradins, tourne en boucle plusieurs jours à la télé et vous fait entrer dans une nouvelle dimension. Celle des Jokic et Gilgeous-Alexander, comme LeBron James ou Stephen Curry avant eux.

La salle a explosé, ses coéquipiers l’ont entouré et lui ont tapé sur la tête en signe d’adoubement. Wemby, lui, n’a pas laissé échapper un seul sourire, il a roulé les épaules et a fait comme si tout était normal. « Tout s’est passé tellement vite, a raconté le Français après coup. C’était difficile de gérer toute cette agitation autour de moi. Les fans m’ont regardé, un mec a renversé du liquide sur moi, je pense que c’est du vin rouge. J’ai rapidement sprinté en défense et j’ai percuté un joueur. Puis mes coéquipiers sont arrivés rapidement de partout, je ne les ai pas vus venir. »

Puis le coéquipier de Wemby, Keldon Johnson, a pris le micro pour dire ce que tout le monde avait en tête : « MVP, MVP », a-t-il fait chanter au public, encore debout et les bras levés. Wembanyama, lui, a paru presque gêné, et quand il s’est adressé aux fans des Spurs, c’était pour mettre en avant le collectif. « Go, Spurs, Go ! », a crié le Français.

« Victor Wembanyama MVP ! »

« Je ne savais pas ce que j’avais en tête quand j’ai pris ce micro, mais je savais qu’il fallait mettre en avant Victor, a raconté Keldon Johnson, le remplaçant boute-en-train de l’équipe. Victor est phénoménal. Il joue au niveau d’un MVP, des deux côtés du parquet. Personne ne peut le nier. Il mérite ces fleurs. Il a été l’homme de la saison, sur et en dehors du parquet. Et je serai celui qui doit dire ce qui doit être dit : Victor Wembanyama MVP. »

L’entraîneur était déjà rentré au vestiaire mais a apprécié : « C’est un groupe spécial, a-t-il dit. On a des joueurs qui n’ont pas beaucoup gagné durant leur carrière, on a des jeunes, on a des éléments expérimentés, mais tout le monde pousse dans la même direction et se soutient. C’est très puissant. »

Ce panier décisif de Victor Wembanyama n’a pas seulement offert la victoire aux Spurs : il leur a aussi offert les play-offs. Ce succès, le 52e de la saison, envoie officiellement San Antonio en phases finales, pour la première fois depuis 2019. « Le premier sentiment est d’être fier, mais en réalité je n’ai pas envie d’y prêter attention, a évacué Wemby. (…) La clé, c’est de toujours se fixer des objectifs plus grands. »

Keldon Johnson, quant à lui, n’a pas boudé son plaisir : « Ce seront mes premiers play-offs, j’ai tellement attendu ! J’ai traversé toutes les étapes, et on ne devait en sauter aucune pour en arriver là. Ça veut vraiment dire quelque chose pour moi. Je ne voudrais être ailleurs pour rien au monde. Je réalise tout ça avec mes frères des Spurs. C’est un rêve qui devient réalité mais on continue notre aventure et je me sens hyper chanceux d’en faire partie. » On dirait bien que ce n’est que le début.

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